Feuilles à Est – Ensemble

Déchets verts :
Est Ensemble abandonne !

En n’assurant plus la livraison à domicile des sacs de déchets verts, Est-Ensemble abandonne le principe de collecte des feuilles et des déchets verts pour 400 000 habitants. Pendant ce temps, on fera bientôt de beaux discours à la 21è conférence Climat des Nations Unies…
À l’heure de la transition énergétique, Est-Ensemble lui tourne le dos ?

(Ce courrier a été envoyé au président d’Est-Ensemble en novembre 2014 : il n’a jamais reçu de réponse ! Pas même une feuille… Il a été renvoyé début avril 2015 pour la nouvelle saison de feuilles… )

Feuilles communiqué

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La culture contribue sept fois plus au PIB que l’industrie automobile

Voici un article  du journal La Tribune ….qu’il n’est pas inutile de lire ou de relire… Il date de janvier 2014 et n’a pas pris une ride.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140103trib000807739/la-culture-contribue-sept-fois-plus-au-pib-que-l-industrie-automobile.html

 

La culture contribue 7 fois plus au PIB français que l’industrie automobile avec 57,8 milliards d’euros de valeur ajoutée par an. Son coût total pour la collectivité approche 21,5 milliards d’euros.

Une dépense à perte la culture en France ? Ce n’est pas ce que montre le dernier rapport conjoint des ministères de l’Economie et de la Culture. Selon ce rapport, la culture contribue à hauteur de 57,8 milliards d’euros au PIB (valeur ajoutée). Il s’agit de la valeur ajoutée directe, c’est à dire du seul fait des activités culturelles. Ce qui équivaut à 3,2% du PIB, soit sept fois la valeur ajoutée de  l’industrie automobile. Ces chiffres sont basés sur les calculs de l’Insee.

Le chiffre ne paraît pas exagéré puisqu’une autre étude du cabinet privé….

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1er avril : petit déjeuner de soutien aux amis Roms de la rue de l’Avenir

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Mercredi 1er avril

Petit déjeuner de soutien

Rue de l’Avenir

à Bagnolet

 

Suite à des menaces d’expulsion du squat Roms de la rue de l’Avenir, un collectif de soutien s’est créé pour les aider à se reloger et à avancer dans leurs démarches administratives. Des descentes de police ont eu lieu, et un des habitants, père d’un enfant scolarisé, a été arrêté et placé en centre de rétention en vue d’une expulsion imminente du territoire.

Pour marquer le coup avant la fin de la trêve hivernale (2 avril), le collectif a décidé d’organiser un petit déjeuner la veille : mercredi 1er avril, de 8h30 à 9h15.
C’est important d’y être aussi nombreux-ses que possible.
Votre présence sera donc bienvenue ce jour, avec une boisson, un  thermos, des biscuits, …

Béton : Bagnolet prend la corde… 

Deux réunions importantes en matière d’urbanisme, c’est à dire en matière de  cadre de vie, de ce qu’est notre ville, se tiennent les 1 et 2 avril.

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Nous ne nous suffirons pas de cette démocratie-mascarade qui nous ferait avaler tous les projet déjà ficelés d’une majorité municipale qui signe les permis de construire et avalise des projets de promoteur, qu’elle voudrait ensuite présenter à la population pour lui faire croire que tout est encore possible… Mercredi et jeudi,  ensemble assurons-nous que les jeux ne sont pas faits…

La courses aux projets immobiliers ? À Bagnolet, elle reprend de plus belle. Et qu’il fut de courte durée …le suspens de l’orientation politique en matière d’urbanisme de la nouvelle municipalité. En totale continuité avec la précédente mandature, Tony Di Martino semble désormais rattraper le temps perdu en accordant permis sur permis, sans autres critères que la valeur foncière d’une ville très attractive pour les promoteurs. De mois en mois, on assiste médusé à une augmentation des prix au mètre carré  dont n’est bénéficiaire que …la promotion immobilière.. Sans aucune contrepartie pour les BagnoletaisPas besoin d’être devin, …il suffit de regarder : combien d’écoles sont prévues au regard des besoins actuels et futurs ? Pourtant, pourquoi ne pas plutôt définir une « densité raisonnée » au vu des différents quartiers, de leurs caractéristiques propres? Pourquoi cette course à la densification ? Ne pourrait-elle être mise en œuvre au regard de contextes spécifiques?   

Suite tragique pour une ville déstructurée

Poursuivre un développement urbain aussi sauvage et insensé est d’autant plus dramatique pour  notre cadre de vie à tousque cette ville est d’ores et déjà fortement déstructurée. Et si maltraitée depuis si longtemps, avec ces grands ensembles, la construction de l’échangeur, l’abandon de la rue Sadi Carnot, l’échec architectural de l’hôtel de ville et la médiocrité du projet de la Zac Benoit Hure,… Au point de se demander si cette maltraitance  ne serait pas devenue culturelle pour ceux qui la gouvernent ? 

Soyons nombreux à venir témoigner notre opposition à cette politique en participant cette semaine aux réunions publiques du 1er et du 2 avril, et à toutes celles qui suivront. Et à refuser cette fausse concertation, ce simulacre de dialogue démocratique, quand tous les permis sont déjà signés…

Femmes et laïcité : la question de l’assignation

C Kintzler site

Le BIC vous propose un article de Catherine Kintzler que vous pouvez consulter sur son blog.

http://www.mezetulle.fr/femmes-et-laicite-la-question-de-lassignation/

 

C. Kintzler

Femmes et laïcité : la question de l’assignation

Texte de l’audition de C. Kintzler à la Délégation aux droits des femmes du Sénat

Le 19 mars 2015, j’ai été invitée par la Délégation aux droits des femmes du Sénat, présidée par Chantal Jouanno, à parler des enjeux de la laïcité pour les droits des femmes. Voici le texte de mon intervention, qui fut suivie par un échange chaleureux et fructueux. Dans un exposé qui doit être bref, il est impossible de faire un « tour d’horizon » (ce qui réclamerait des compétences multiples que je n’ai pas). J’ai donc choisi de concentrer mon propos sur le concept d’assignation, qui m’a semblé fondamental1.

 

Jeudi 2 avril – université populaire – débat

2 avril 2015 up

En conclusion d’un cycle de rencontres consacré au changement climatique, l’Université populaire de Bagnolet propose deux rendez-vous importants cette semaine.

++ Jeudi 2 avril,

de 19h à 21h,

au Château de l’étang (av. Gambetta/av. Mitterrand),

débat : « Que peut-on attendre des négociations sur le climat ? , avec Ronan Dantec, sénateur, et Sylvie Joussaume, climatologue.

++ Samedi 4 avril,

de 15h à 18h,

dans les Serres du château de l’étang,

un atelier « Bagnolet en Transition»

Pour ne pas rester que sur des constats préoccupants, il est prévu un temps de réflexion collective, ouvert à tous, pour imaginer une possible initiative de Transition à Bagnolet (ensemble d’initiatives associatives qui, articulées, cherchent à diminuer notre impact sur l’environnement et sur le changement climatique, mais aussi à renforcer les coopérations et les projets locaux). Notre la réflexion sera introduite par les témoignages des responsables de Montreuil en Transition et des Lilas en Transition. 
Pour la réussite de cet atelier, il serait important que les acteurs des initiatives menées à Bagnolet (jardins partagés, AMAP, etc.) soient présents. Nous serions heureux de votre présence pour imaginer ensemble le Bagnolet d’après le pétrole et plus concrètement, les actions que nous pourrions initier pour nous avancer vers ce futur.

https://upbagnolet.wordpress.com/

« Si les hommes sont libres et égaux en droit, c’est à quelle heure ? »

« Si les hommes sont libres et égaux en droit, c’est à quelle heure ? »

par  Marie-Hélène Bacqué & Mohamed Mechmache,

mis en ligne le 09/03/2015

Métropolitiques
Nous reproduisons l’article disponible ici
http://www.metropolitiques.eu/Si-les-hommes-sont-libres-et-egaux.html

Depuis les événements du 7 janvier, les associations qui travaillent au quotidien dans les quartiers populaires témoignent de leur inquiétude à voir s’installer la stigmatisation des habitants. Leurs propositions pour faire reculer les inégalités sont encore souvent détournées de leur but ou classées sans suite alors qu’elles sont partagées par les populations. Peut-on imaginer que du pire émergera enfin la nécessité à tout mettre en œuvre pour que l’ensemble des citoyens de la République disposent de la même reconnaissance ?

Les attentats et les meurtres terribles du début janvier 2015 ont déclenché une onde de choc dans la société française. Celle-ci a pris une dimension singulière dans les quartiers populaires [1] parce que ces territoires sont tout particulièrement confrontés à la montée des tensions sociales, du racisme, de l’islamophobie et de l’antisémitisme [2]. À la suite de ces événements, une forte inquiétude s’est exprimée parmi les habitants de ces quartiers de voir monter encore la stigmatisation sociale et ethno-raciale et d’être encore montrés du doigt. Après l’imposante « mobilisation républicaine » et les multiples débats, tribunes et échanges qui ont suivi, plusieurs observateurs ont affirmé qu’il y aurait un « après », marqué, selon eux, par un élan de solidarité nationale. Mais cet après se dessinera en fonction de l’« avant » et de l’analyse qui en aura été faite.

Certains ont dénoncé l’existence d’un « apartheid territorial, social et ethnique », semblant ainsi redécouvrir la ségrégation spatiale qui est une expression de la montée des inégalités sociales et ethno-raciales dans notre société. Il est utile de rappeler que la ségrégation commence dans « les ghettos du gotha » (Pinçon et Pinçon-Charlot 2007). Les quartiers bourgeois, par effet d’agrégation, sont aujourd’hui les plus homogènes et les plus fermés. Le terme d’apartheid est, par ailleurs, en soi fort discutable dans le contexte français et son utilisation s’inscrit avant tout dans une stratégie médiatique à court terme. Mais, comme le disait un membre de la coordination nationale Pas sans nous, qui s’est constituée à la suite de la remise de notre rapport [3] : « S’ils nous parlent d’apartheid, qu’ils fassent comme Mandela ! ». Cette proposition de bon sens impliquerait alors de reconnaître une citoyenneté à part entière pour tous et, en particulier, de tenir la promesse du droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, promesse du candidat Hollande qui n’a pas même été débattue lors de ce quinquennat. Cela impliquerait de reconnaître et d’aider au développement des multiples initiatives sociales, culturelles et économiques qui naissent dans les quartiers populaires et d’arrêter de considérer leurs populations comme des problèmes, sans voir qu’elles sont sources de véritables dynamiques transformatrices [4] ; de s’appuyer, donc, sur leur pouvoir d’agir. Cela impliquerait de prendre véritablement la mesure de, et de qualifier, la discrimination sociale et ethno-raciale, bien réelle, qui touche les habitants des quartiers populaires et d’aller beaucoup plus loin dans les politiques anti-discrimination pour l’accès à l’emploi, au logement et à l’éducation [5], de reconnaître la diversité des cultures et des histoires individuelles et collectives comme une richesse. Cela impliquerait plus largement de travailler à une répartition plus égalitaire des ressources alors qu’on sait que les écarts s’accroissent dans notre société, que les plus riches sont de plus en plus riches et les plus pauvres de plus en plus pauvres. Cela impliquerait tout simplement que chaque citoyen ait accès au droit commun, c’est-à-dire aux règles et modes de financement de ce qui caractérise l’action publique, et aux services publics, ces principes étant applicables à l’ensemble du territoire français et de ses populations ; cela est loin d’être le cas aujourd’hui dans les quartiers labellisés politique de la ville. Ainsi, la Seine-Saint-Denis est en train de devenir un désert médical ; un élève ayant fait toute sa scolarité dans ce département totalise, au moment de passer son bac, une année entière d’enseignement en moins par manque d’enseignants [6].

Des réponses insuffisantes…

Manifestement, les réponses apportées jusqu’à présent par le gouvernement, y compris celles du comité interministériel du 6 mars 2015, sont très loin du compte, voire pour certaines seront contre-productives. Si on peut relever la volonté de donner les moyens à l’initiative économique [7] (mais il reste à préciser quels moyens et comment ils seront gérés), et l’augmentation des financements des associations qui sont les premières touchées par les mesures d’austérité, ces réponses restent au mieux des demi-mesures (comme la promesse d’une augmentation des financements des associations) quand elles ne se contentent pas de répéter de vieux refrains éculés mais payant électoralement comme celui de la sécurité.

En les désignant comme « à éduquer » ou « à surveiller », elles font reposer de fait la responsabilité des événements récents sur les citoyens les plus précarisés et les plus stigmatisés et sur des enseignants peu armés et sans moyens suffisants, sans pour autant s’attacher à comprendre les causes profondes de la montée des extrémismes et surtout sans interroger la responsabilité des politiques publiques et d’une part non négligeable de la classe politique. La mesure avancée par le comité interministériel du 6 mars 2015 de ne plus reloger des ménages DALO [8] dans les quartiers « politique de la ville » au nom de la mixité sociale [9], alors qu’on sait que c’est dans ces quartiers que sont concentrés les logements sociaux, conduira de fait à restreindre encore le droit au logement des plus précaires qui est déjà bien restreint ! Ce n’est pas aux plus précaires de payer les conséquences de l’incapacité des élus et des pouvoirs publics à développer de véritables politiques de solidarité !

Par ailleurs, il faut être soit très naïf, soit faire preuve d’une grande hypocrisie pour penser que faire réciter les valeurs de la République à des jeunes qui sont tous les jours confrontés à l’inégalité, à la stigmatisation et à la discrimination contribuerait à les faire adhérer à ces valeurs manifestement bafouées. Les enfants et adolescents mis en garde à vue et pour certains poursuivis pour des propos qui appellent certes une vraie discussion, ne sortiront pas convaincus de l’importance de la liberté d’expression, mais écrasés par l’arbitraire qui a tenu lieu de débats. Les jeunes qui continuent à faire l’objet de contrôles au faciès, voire du harcèlement policier n’entretiendront que de la colère vis-à-vis d’une République qui se dit fraternelle mais les rejette et les montre du doigt en permanence. Les mères de famille voilées qui ne peuvent toujours pas accompagner leurs enfants aux sorties scolaires ne comprendront pas le sens d’une laïcité ouverte et tolérante qui s’adresse à tous sauf à elles.

Une communauté de citoyens n’est possible qu’à la condition de l’égalité, de la reconnaissance de tous et cela implique une démocratisation de notre société. C’est ce que nous avions défendu dans le rapport que nous avons remis en juillet 2013 au ministre de la Ville, François Lamy, « Pour une réforme radicale de la politique de la ville. Ça ne se fera plus sans nous. Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires ». De ce rapport, comme des cinq rapports sur l’intégration remis quelques mois plus tard, peu de choses ont été retenues et la logique d’ensemble qui consistait à remettre véritablement les citoyens au cœur des politiques et de la politique n’a pas été entendue. Or c’est cela que les terribles événements de janvier nous ont rappelé : une partie de la jeunesse française – et de leurs parents – habitant ou non dans les quartiers populaires, ne trouve pas sa place dans notre système social et politique et il est urgent d’y remédier. Outre la remise en cause d’une politique étrangère qui a régulièrement contribué à privilégier les intérêts à court terme de certains lobbies dans l’hexagone – et de certains de ses dirigeants – plutôt que de promouvoir la paix et la justice internationales, c’est à ce défi politique et social qu’il s’agit de répondre.

… alors que les quartiers populaires et ses habitants sont force de propositions

Tout cela, les acteurs professionnels, associatifs, les habitants des quartiers populaires le savent et ils/elles représentent collectivement une véritable force de propositions. Suite aux événements de janvier, la coordination Pas sans nous a remis à sa demande trois propositions à Myriam El Khomry, secrétaire d’État à la Politique de la ville. La coordination proposait en particulier d’organiser un plan d’actions et de dialogue entre tous les acteurs dans les quartiers populaires, fédérations d’éducation populaires, associations « professionnelles », associations « militantes », associations « d’habitants » et/ou collectifs. Elle insistait sur l’importance de sortir d’une logique de mise en concurrence entre tous ces acteurs en supprimant les appels à projet, pour remettre du sens, de la cohérence et de la cohésion dans les propositions formulées. Elle appelait aussi à développer rapidement des co-formations entre les acteurs qui agissent dans les quartiers : habitants, élus, professionnels, afin de leur permette de mettre en commun leurs savoirs différents, savoirs professionnels, militants, de l’expérience. Aucune de ces propositions n’a été reprise !

Dans notre rapport, qui a été discuté et porté par une conférence citoyenne [10] réunissant plus de cent associations, nous avions de notre côté proposé la création de tables de concertation, qui partaient, dans une démarche ascendante, des dynamiques des habitants, de leurs associations et collectifs. La loi les a transformées en conseils citoyens obligatoires, qui sont aujourd’hui largement détournés par les élus et risquent bien de n’être que des coquilles vides. Des contrats de ville sont d’ailleurs signés par l’État sans que ces conseils n’aient été créés, et sans aucune consultation des habitants. Nous avions aussi insisté sur la nécessaire autonomie du monde associatif aujourd’hui de plus en plus dépendant des collectivités territoriales, souvent enfermé dans des logiques clientélistes ou aspiré par une dynamique managériale qui se traduit par la quête aux appels d’offres et aux financements. Notre proposition de création d’une fondation pour la solidarité sociale est pour le moment restée lettre morte [11]. Plus globalement, pour qu’une démocratie participative initiée et portée par les citoyens puisse vivre, elle a, à l’instar de la démocratie de représentation, besoin d’être financée. Et c’est pourquoi nous avions proposé la création d’un fonds d’interpellation abondé par le prélèvement de 1 % du financement des partis politiques et 10 % des réserves parlementaires. Au-delà des quartiers populaires, l’ensemble de ces mesures pourraient contribuer à redémocratiser la vie politique française, bien mal en point.

Les habitants des quartiers populaires ont raison de s’inquiéter tout particulièrement à la suite des événements de janvier. La situation sociale de ces territoires continue à s’y aggraver et le taux de chômage y est alarmant. Le tissu associatif y est encore présent pour faire face à la violence sociale et institutionnelle, pour être aux côtés des habitants face au décrochage scolaire, aux refus de naturalisation ou de carte de séjour, aux conflits liés à l’économie souterraine ou encore à la montée des extrémismes. Mais il rame à contre-courant. Combien de temps cela pourra-t-il durer sans reconnaissance, sans moyens, sans pouvoir et sans projet ? Le gouvernement français restera-t-il autiste comme il l’a été il y a plus de trente ans après la Marche pour l’égalité et il y a presque 10 ans après les révoltes sociales des banlieues ? Il est temps de penser à un « après » qui ne peut être que celui d’un projet social transformateur, travaillant à la fois à la reconnaissance de tous les citoyens et de leurs collectifs, à une société plus juste, plus égalitaire, plus solidaire, à une société plus démocratique favorisant la prise de parole, l’organisation et le pouvoir des citoyens.

Bibliographie

  • Pinçon, M. et Pinçon-Charlot, M. 2007. Les Ghettos du gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces, Paris : Seuil.

Notes

[1] Nous entendons par quartiers populaires les quartiers qui accueillent les classes populaires, c’est-à-dire les groupes sociaux situés en bas de l’échelle sociale. Ces quartiers ne se réduisent pas à la seule figure des quartiers de banlieue ou des quartiers de grands ensembles.

[2] Le titre de cet article est extrait d’une chanson de Zebda.

[3] Marie-Hélène Bacqué, et Mohamed Mechmache ont co-rédigé un rapport sur la participation dans les quartiers populaires remis au ministre de la ville François Lamy en juillet 2013, URL : www.ladocumentationfrancaise….

[4] On peut citer les nombreuses associations et collectifs mobilisés au quotidien, les interventions novatrices dans le champ médiatique ou culturel comme le Bondy Blog(http://bondyblog.liberation.fr), par exemple.

[5] La discrimination à l’embauche ou pour l’accès au logement a été démontrée par plusieurs travaux mais, pour autant, l’impossibilité de mobiliser des statistiques ethno-raciales empêche d’en prendre la mesure réelle.

[6] Donnée fournie par le collectif des parents d’élèves de la Seine-Saint-Denis reprenant une recherche conduite par Jean-Yves Rochex (université Paris‑8) et reprise par le ministre de la Ville François Lamy.

[7] Le président de la République a en particulier annoncé la création d’une agence nationale pour le développement économique.

[8] La loi sur le droit au logement opposable (« DALO ») votée en mars 2007 a désigné cinq catégories de ménages prioritaires pouvant saisir la commission de médiation afin d’être relogé. Il s’agit des ménages : dépourvus de logement ; menacés d’expulsion sans relogement ; logés dans des locaux impropres à l’habitation ; présentant un caractère insalubre ou dangereux ; hébergés ou logés temporairement dans un établissement de transition ; logés dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d’un logement décent.

[9] Le conseil interministériel a décidé que les personnes dont le revenu est en dessous du seuil de pauvreté (987 euros par mois) ne pourront plus être envoyées dans une commune faisant partie des 1 500 quartiers prioritaires de la politique de la ville.

[10] Conférence citoyenne organisée les 29 et 30 juin 2013, à l’espace Main d’œuvre à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), avec 120 associations.

[11] Pour sortir des formes de dépendance vis-à-vis des collectivités territoriales, nous avions proposé la création d’une fondation distribuant des fonds publics et privés et co-gérée par le monde associatif, des habitants, des représentants des entreprises, des élus. Cette proposition est largement inspirée de l’expérience canadienne de Centraide. Elle ne vise pas à se substituer aux financements publics mais à les compléter.

Lettre ouverte d’une Citoyenne

Nous publions

la lettre ouverte

d’une Bagnoletaise,

engagée,

Rosalind Fay

 qui fait part de son désarroi devant le climat politique à Bagnolet

 

Au moment ou je vous écris, à quelques heures du Conseil Municipal du 11 mars, il semble que le Maire ait enfin retiré la délégation de Monsieur Parat et que celui-ci ait démissionné du groupe Dynamique Citoyenne. Le problème de fond reste : nous qui avons soutenu la liste PS/Dynamique Citoyenne, nous nous sentons trahis par les tergiversations peu courageuses de la majorité municipale. Espérons qu’une autocritique se fera, sinon publiquement, au moins en interne. Vigilance !

Lettre ouverte

 

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs de la Majorité du Conseil Municipal,

 

Depuis le 18 novembre dernier, la vie politique de Bagnolet est pourrie par « l’affaire Parat ». Nous assistons à un jeu où les élus PS et Dynamique Citoyenne ne cessent de se renvoyer le bal. Chacun sait comment Monsieur Parat a exprimé publiquement des idées en contradiction avec les valeurs de la majorité municipale (et de la République !) à laquelle il était censé appartenir. Nous avons le droit de demander des comptes à nos élus, ce qui ne fait pas de Parat une victime. On lui demande d’être en cohérence avec ses convictions et de quitter un Conseil Municipal où il n’a plus sa place.

 

Le rôle du Maire :

Monsieur Di Martino révèle son manque de sensibilité (ne pas sentir la colère et la blessure des femmes) et de conviction. Son attitude (qualifiée par beaucoup de « mollesse »)  relève de l’obstination. Il joue sur les mots. « J’assume ses délégations » n’est pas une réponse. C’est une espèce de sophisme idiot qui ne fait qu’attiser notre colère. Il tente de renvoyer la responsabilité du cas « Parat » aux membres de Dynamique Citoyenne –« c’est un membre de Dynamique Citoyenne. C’est à eux de s’en occuper ». Monsieur Di Martino est le premier Magistrat de la ville. S’il avait retiré la délégation de Monsieur Parat et l’avait encouragé très fermement à démissionner, il n’y aurait pas eu d’affaire Parat.

 

Que dire des autres membres PS du Conseil Municipal, qui par ailleurs font certainement du bon travail ? Les convictions doivent primer sur la « discipline du parti » : les enjeux sont relativement peu compliqués au niveau d’un Conseil Municipal ! Merci à Catherine Denis et Marie Lou Brossier, qui se sont levées avec les femmes « du public » lors du Conseil Municipal du 18 décembre.

 

La salle de réunion, le comportement des élus projeté sur grand écran

L’architecture n’est jamais neutre. Les dimensions et la disposition de la salle des réunions du Conseil Municipal sont le fruit d’un concept de l’ère Everbecq dont les membres du Conseil Municipal actuels semblent inconscients et auxquels ils devraient prêter attention. C’est un espace hiérarchisé : Les Elus sont assis autour d’une immense table démesurée par rapport à l’espace alloué au public. A tour de rôle les membres du Conseil sont filmés. Des gros plans de leurs têtes sont projetés sur un immense écran, juste au-dessus du Maire qui n’ aperçoit pas sa propre image que nous, la « plèbe », voyons dans le moindre détail. Ajouté au phénomène visuel, il y a l’a dominance sonore des élus qui disposent de micros dans lesquels ils hurlent pour être entendus au-dessus de la foule, ce qui résulte en une espèce de cacophonie insupportable. Lorsque la représentante d’une association de femmes intervient avec émotion et pertinence pour exiger que la délégation de Parat soit retirée, le Maire apparaît en gros plan en affichant une espèce de moue flegmatique ce qui choque et attise la colère et l’indignation légitimes du public.  (Petit conseil : lorsqu’on est filmé et projeté sur grand écran il vaut mieux s’abstenir de mâcher du chewing gum.)

 

Mais encore, telle une starlette, une jeune conseillère municipale entre en scène en retard, toute apprêtée pour sa prestation en tant qu’élue responsable des Femmes, sans avoir assisté à l’intervention de l’association des femmes et entendue la question posée. Sans parler des vas et vient incessants de plusieurs membres du Conseil, des apartés entre vous pendant les prises de parole de vos collègues ou du public, des sourires complices entre certains élus qui lancent des regards méprisants vers le public, tout cela magnifié sur grand écran. Vous les élus, vous semblez oublier les « gros plans » qui apparaissent sur l’écran géant et qui trahissent fidèlement vos faits et gestes (langage du corps). Au bout d’un an seulement, la distance qui vous sépare des citoyens est remarquable.

 

La Tenue des réunions publiques du Conseil Municipal : La lourde responsabilité du Maire 

L’ambiance de la réunion du 17 décembre était scandaleuse et rappelle les séances du Conseil Municipal présidée par Everbecq. Une réunion de Conseil Municipal qui dégénère dans une espèce de cirque ne doit plus être permise. Laisser exprimer interminablement de la haine ou laisser des membres du public agresser d’autres membres du public est intolérable. Si vous n’êtes pas capable d’assurer l’ambiance sereine que la démocratie exige, ayez le courage de faire vider la salle.

 

Vous n’étiez pourtant pas le seul responsable de l’ambiance délétère de cette réunion.

 

Laurent Jamet et ses Supporteurs

Avant même de rentrer dans la salle, une manifestation pour exiger la démission de Parat était perturbé par quelques membres du PCF qui avaient apporté une sono tellement envahissante et peu appropriée — ils étaient dans une dynamique de fête indécente — que j’ai dû leur demander de baisser le son : nous autres manifestants, très nombreux, nous ne nous entendions plus parler. Ces mêmes personnes, dont des élus de l’ancienne majorité ont eu un comportement honteux durant tout le conseil municipal – debout, ricanant, hurlant (encore la fête, quoi !) Juste derrière moi, une élue de l’ancienne majorité criait tellement fort que je n’entendais rien des interventions du Conseil. Honte à ceux dans le public qui chahutait comme des supporteurs enragés à un match de foot. Nous n’oublions pas la gestion Everbecq à laquelle ces personnes ont participé activement ou passivement.

Plus scandaleux encore, au marché de Bagnolet le dimanche matin, 8 mars, journée de la femme, on distribuait un tract où 100 femmes de Bagnolet appelaient à voter pour les candidats du Front de Gauche aux élections régionales avec Laurent Jamet en tête de liste. Si Parat n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer pour permettre à Jamet d’avoir un plateforme de campagne. L’essentiel de son « programme » en gras sur le tract, est la récupération du scandale Parat ! Tel un charognard, Jamet mène sa campagne essentiellement comme défenseur des femmes en croyant nous faire oublier les années passées à coté d’Everbecq avec tout ce que cela implique. Ou bien M. Jamet a activement participé à la gestion désastreuse de l’ancien maire, ou bien il était trop bête et incompétent pour se rendre compte de ce qui se passait. Dans les deux cas il s’est définitivement disqualifié pour assumer un mandat d’élu ou de parler en notre nom. Décidément, les politiciens de Bagnolet nous prennent pour des imbéciles atteints d’amnésie.

 

Dynamique Citoyénne

Le positionnement de Dynamique Citoyenne est décevant et inquiétant. En guise de justification de leur ambiguïté par rapport à Parat, ils ont tenu des propos que je m’abstiendrai de citer mais qui montrent qu’ils confondent politique et assistance sociale.

 

(N’est-pas les circonstances de la fusion des listes PS et Dynamique Citoyenne qui sont à l’origine du désastre Parat ? Le Maire a généreusement accordé 13 places dont 6 Adjoints du Conseil Municipal aux membres de la liste Dynamique Citoyenne qui aurait dû avoir une représentation de 9 membres dont 5 adjoints au maire. Parat était 14° sur la liste D.C. et n’aurait pas dû avoir sa place au Conseil Municipal. N’est-pas ne pas prendre au sérieux la démocratie locale lorsqu’on permet à des personnes qui n’ont en pas les compétences d’accéder à des postes de responsabilités ? Sans avoir la cruauté de nommer des personnes précises, tous ceux qui ont assisté aux dernières réunions du Conseil Municipal ont pu entendre des propos désastreux tenus par des jeunes nouvellement élus, peu ou pas encadrés. Leur amateurisme, leur arrogance, leur manque d’expérience politique, leur manque de vision et de connaissance historique pour certains et certaines d’entre eux, nous font vivement regretter la générosité du PS. Et je pèse mes mots.)

 

En conclusion, je demande des éclaircissement par rapport à un certain HAMID, dont Pierre Mathon a rendu publique une lettre ignoble adressée à son blog.

 

La lettre est répugnante, voire malhonnête. HAMID mélange une espèce de salade d’arguments spécieux et accuse Pierre Mathon d’être obsessionnel concernant l’affaire Parat. Mathon ne fait qu’exprimer une opinion partagée par de très nombreux bagnoletais. Il n’y a rien d’obsessionnel là dedans.

 

Que Pierre Mathon reçoit des insultes, il en a vu d’autres, qu’importe.

 

Par contre, je m’adresse à vous, Christiane et Michel, Mohamed et Merouan, en qui j’ai placé ma confiance et avec qui j’ai eu des échanges sincères et positives. Pouvez-vous, me rassurer en affirmant que HAMID ne représente aucunement Dynamique Citoyenne ? Pouvez-vous me confirmer que cet individu HAMID ne représente que lui-même ? Je ne peux pas croire qu’il est membre de Dynamique Citoyenne ? Merci, j’y tiens.

 

Sincèrement,

 

Rosalind Fay

Bagnolet, le 11 mars 2015

 

FONDERIE LANDOWSKI, SUITE…

Le permis de construire, accordé à Bagnolet le 23 octobre 2014 sur le site de la fonderie Landowski, avenue Gambetta, par l’actuelle municipalité, (évoqué dans l’article du 20 novembre 2014 – en lien ci-dessous), a fait l’objet de quatre recours gracieux : deux recours portés par les riverains et deux recours par les associations Bagnolet en vert et Bagnolet Patrimoine. Hormis les requêtes de Bagnolet en vert concernant la conservation de certains éléments de patrimoine de la fonderie, les éléments de contestation des trois autres recours n’ont pu aboutir favorablement. Rentrons dans le détail…

Certains éléments de contestation concernent la qualité de vie du voisinage (ensoleillement, obstruction des vues…, vis-à-vis…, etc.). D’autres éléments relèvent de l’intérêt commun, de la qualité du patrimoine paysager bâti de la ville.

Insistons sur ce point :

pour le quartier de la Dhuys, le PADD (Projet d’aménagement et de développement durable, issu du Plan local d‘urbanisme) préconise une densification « en cohérence avec un certain nombre d’immeubles résidentiels de qualité », il souligne aussi que « l’enjeu consiste à faire bénéficier Bagnolet de la valorisation de ce quartier, en renforçant les liaisons et perméabilités. » C’est en ce sens que l’îlot de la rue Danton n’est pas intégré au secteur du centre-ville mais à celui de la Dhuys, contrairement à tout le reste de l’avenue Gambetta.

Une entrée de quartier : tout sauf anodin…

Comme l’illustre ce schéma ci-dessous, le choix de faire respecter les hauteurs et les gabarits propres à l’identité de la Dhuys sur ce seul et unique ilot en frange avec l’avenue Gambetta n’est pas anodin : Aujourd’hui, cet îlot fait office « de liaison et de perméabilité » et constitue une transition paysagère entre le centre-ville et le quartier de la Dhuys.

Quartier de la DHuys

Ce petit segment de l’avenue Gambetta fonctionne « urbainement » comme une entrée de quartier et c’est pour cette raison que ce permis de construire ne peut être accordé en l’état. L’usage de la dérogation (accordée par la ville) – permettant de passer de 13 m à 19 m de hauteur de façade, soit 2 étages de plus, cinq au total – est ici particulièrement abusif car la possibilité de construire beaucoup plus haut est autorisée par le PLU sur tout le long de l’avenue sauf ici, précisément.

photomontage Landowski

 

Une approche très superficielle

Ce cas particulier est emblématique d’une approche très superficielle et globale des questions architecturales et urbaines, induite par deux facteurs :

  • Premièrement les mécanismes de la construction procèdent par automatisme, sans prendre le temps de contextualiser véritablement le projet. Mais peut-on vraiment attendre d’un promoteur, dont l’objectif est de boucler son opération, d’établir une transition douce entre les typologies bâties, de se poser la question du lien entre les quartiers… ? C’est là le rôle de la municipalité. Réintroduire la question du contexte dans chaque projet qui se construit à Bagnolet. Les tissus urbains y sont très disparates et requiert une lecture fine, du quartier à l’îlot et à la parcelle. Le souci de transition, de cohérence et l’exigence d’articulation des échelles, devraient figurer au premier plan des enjeux d’une municipalité qui prône ouvertement la densification de la ville.
  • Et c’est là le deuxième facteur de l’approche superficielle et globale de cette question. L’appréhension de la densité est comprise à l’échelle régionale, en référence au SDRIF (Schéma directeur régional d’Ile-de-France). Il y a en effet une injonction de la Région à préserver les dernières terres agricoles en Ile-de-France, à limiter l’étalement urbain et à résorber la crise du logement…, et donc à concentrer les constructions vers le cœur de la métropole. Mais une politique régionale peut-elle s’appliquer sans adaptation à l’échelle locale des communes ? Chaque ville a ses qualités, ses problématiques urbaines et doit en ce sens réinterpréter cette question de densification à son niveau. La révision du PLU, à laquelle la municipalité vient de renoncer, aurait était l’occasion d’étudier la capacité de chaque tissu urbain à générer son propre potentiel de densification.

Or en refusant de mener la révision du PLU et en accélérant le rythme des constructions dans Bagnolet, la ville est réduite à une dimension quantitative notamment foncière fort dommageable pour notre espace commun.

 

 

Article précédent sur la fonderie Landowski :

http://www.bagnolet-initiatives-citoyennes.org/modification-du-plu-urgence-fonderie-landowski/