Regard critique sur le discours « La crise du logement ! »

Voici un article puissant extrait du site Métropolitiques.eu

« C’est la crise ! » Ce signifiant circule puissamment ; il est même répété à l’envie et a souvent une portée générale. Dans cet article, Arnaud Simon défend la thèse que « la crise du logement ! » en est un avatar exemplaire. Il pointe les caractéristiques inconscientes de ce discours et mentionne des pistes interprétatives.

De 1984 à 2011, le parc immobilier croît de 36 %, le parc social de 58 % [1], la population seulement de 15 %. Le taux de propriétaires passe de 52 % à 58 %. Aujourd’hui, sept propriétaires sur dix ne remboursent plus de prêts [2]. Au cours des années 2000, la surface moyenne des maisons passe de 97 à 102 m², la surface des appartements reste constante et le nombre de personnes par logement passe de 2,5 à 2,35 [3]. Sur cette même période, pour les locataires restant en place, le loyer n’augmente que de 1,8 % par an [4]. Nous ne rentrerons pas plus avant dans l’analyse de ces chiffres, ils sont assez parlants : l’idée d’une crise du logement n’est pas fondée.

Incohérences et fonction du discours sur « la crise du logement ! »

Mais alors pourquoi cette croyance existe-t-elle ? Regardons ce qu’indique la fondation Emmaüs (2013, p. 239) quand elle tente de définir ce qu’est le mal-logement. Différentes rubriques sont élaborées, les deux plus importantes étant la privation de confort (2,1 millions de personnes) et le surpeuplement (4 millions de personnes). Ces situations concernent 10 % de la population française et représentent un enjeu majeur de politique publique. Précisons ici explicitement que, aussi pénibles et éprouvantes soient ces situations, elles ne sont pas le sujet du présent article. Son sujet est de comprendre pourquoi le slogan de « la crise du logement ! » a une portée si générale. Car, hormis les situations recensées par la fondation Emmaüs, les Français sont plutôt bien logés, et dans des situations patrimoniales très confortables pour 41 % d’entre eux [5] (INSEE 2012, p. 273). Comment se fait-il que ce malaise perdure ? Les situations de misère, non systématiques comme l’indique Jean-Pierre Lévy et al. (2012), ne peuvent certainement pas à elles seules suffire pour expliquer la force de cette croyance ; l’empathie et la compassion culpabilisées non plus.

Dans ce discours sur « la crise du logement ! » est convoquée principalement une observation, un unique chiffre, absolu, qui a pour effet très notable d’occulter les autres éléments statistiques. On ne voit plus que lui quand il arrive, il est l’objet du scandale : les prix immobiliers ont crû depuis 1996 de 158 % [6]. Nommons les trois facteurs principaux qui à notre sens expliquent ce mouvement : l’augmentation de l’espérance de vie, la baisse régulière des taux depuis 1990, mais surtout la décision des « baby-boomers » de mettre en œuvre une stratégie du : « Je deviens propriétaire à tout prix, au cas où ma retraite ne serait plus assurée, pour ainsi, au moins, ne plus avoir de loyer ni de prêt à payer à ce moment-là » [7]. Et sur ce dernier point, la mission est accomplie pour 41 % des français (INSEE 2012, p.273).

Quelles en sont les conséquences économiques ? Essentiellement, la fermeture de l’accession à la propriété aux jeunes générations, sauf à avoir un appui familial (Yates 2011). Un clivage générationnel, insistons-y. Formulons alors l’hypothèse que l’une des fonctions politiques du discours sur « la crise du logement ! » serait d’empêcher de poser le problème en termes d’égalité générationnelle. Les deux éléments discursifs qui manifesteraient cette résistance seraient :

  • la réduction trop systématique du débat aux problèmes, réels mais partiels, du mal‑logement ;
  • l’ignorance des statistiques immobilières autres que le prix du mètre carré, car il faut bien constater qu’un certain obscurantisme règne dans ce domaine.

Occultation, réduction, obscurantisme… On n’y voit décidément pas très clair alors que, simultanément, beaucoup de rhétoriques sont bruyantes et tout à fait univoques. En effet, l’idée qu’il pourrait ne pas y avoir de crise du logement est rarement défendue, il n’y aurait aucun doute ; curieuse chose qu’une crise sans fin comme le pointe Myriam Revault d’Allonnes (2012). Notons, de plus, que le concept de crise ne possède pas de définition (Roux-Dufort et Lalonde 2013). Voilà bien des éléments qui ont un air d’inconscient.

Un air d’inconscient

a. Un caractère généralisé

Alors même que pour beaucoup de particuliers leur situation immobilière est tout à fait convenable, ceux-ci vont porter, vont interpréter – comme on le dit des acteurs (Freud 1921) – le discours de « la crise du logement ! ». Un locataire considérera que s’il n’est pas propriétaire, c’est à cause de « la crise ! ». Un propriétaire considérera que si son bien n’est pas assez grand, c’est à cause de « la crise ! », pris dans une illusion biographique (Bourdieu 1986). Ainsi, bien que la pénibilité des conditions de vie soit loin d’être universelle, cela est néanmoins vécu comme systématique et universelle.

b. Un caractère indubitable

Tout se passe comme s’il n’y avait pas le moindre doute. Sur un thème important et sensible comme le logement, on est en droit d’attendre des réflexions détaillées, contradictoires, précises et argumentées, et il s’en produit effectivement. Mais une constante de ces réflexions est qu’elles ne remettent en général pas en doute la possibilité d’une crise du logement. Si elles peuvent avoir sur d’autres points des oppositions et des contradictions, profondes et légitimes (Burckel 2014 ; Mouillart 2007 ; Fijalkow 2013), pour autant à propos du signifiant « la crise du logement ! », rien ne va contre et le chœur est souvent à l’unisson. Or, dans une situation où il n’y a pas en moyenne sept habitants par logement, la question peut se poser, elle n’a rien d’incongrue. Mais ce n’est pas le cas : la rationalité objective semble comme ignorer cette possibilité.

c. Un caractère investi et de manque

Il ne s’agit pas d’un sujet indifférent. L’investissement de la question est grand. Il peut échauffer les esprits, il concerne, il attire l’attention. « On manque de logement » est la présentation la plus habituelle de ce que serait la crise :

  • « Il manque un million de logements » (La Croix, le 28 août 2014) ;
  • « Logement : la grande pénurie » (L’Expansion, le 8 octobre 2010) ;
  • « Logement : les lois se succèdent et la pénurie continue » (Capital, le 26 mars 2014).

On pourrait même dire que la plainte se présente sous une forme encore plus indéterminée : « On m’en prive » [8]. Son caractère inconscient semble croître avec l’implication subjective ; il semble en aller comme dans le texte, « On bat un enfant » (Freud 1919).

d. Un caractère bâtonnier

Le slogan « la crise du logement ! » est un discours qui tend à se focaliser sur une seule donnée, le prix.

  • « Pourquoi le logement est-il trop cher ? » (La Dépêche, le 5 mai 2010) ;
  • « L’immobilier reste trop cher pour les jeunes » (Le Figaro, le 14 octobre 2007).

S’il évoque d’autres éléments, ceux-ci n’ont souvent qu’un rôle complémentaire. Il semble y exister un trait unaire, un indicateur principal : l’indicateur par lequel on est flagellé. La jouissance par l’indicateur unique est sans doute l’un des facteurs les plus importants qui explique cette tendance à la réduction du discours. Que l’on sache bien au moins par quoi l’on est battu, à défaut de qui (Freud 1919).

e. Un caractère insaisissable

En première impression, la revendication de crise semble claire : « On manque de logement, le prix est trop cher ». Mais lorsque l’on commence à analyser économiquement cette revendication, certains éléments semblent disparaître. La revendication s’informule, la cause en devient inconnue et l’objet insaisissable. L’exercice de pensée produit une déception : le furet semble comme fuir sous la torche de la rationalité. Un tel phénomène est remarquable. Il est assez fréquent lorsqu’il s’agit de traiter de sujets économiques « sensibles ». Il constitue bien souvent une signature fiable, une indication pertinente qu’un élément inconscient est à l’œuvre.

f. Un caractère empathique

Dans ce discours, qui pourrait tout à fait être individuel et où chacun serait centré sur lui-même, on trouve presque toujours la mention d’autres qui seraient, ou qui sont, dans des situations bien pires. Mais cette altérité n’a rien d’un altruisme, elle a une fonction bien précise. Puisque la situation immobilière est acceptable pour beaucoup, leur plainte est donc fragile, délicate à soutenir. Il importe donc de pouvoir l’argumenter un minimum pour tenter de l’établir, de la faire apparaître comme légitime. Les 10 % de la misère sont alors très utiles. Ils peuvent se penser avec le schéma L de Lacan (1955) et le mécanisme de l’identification hystérique de Freud (1921). L’exercice de rationalisation est en quelque sorte a posteriori de la plainte ; la plainte préexiste à son objet. Tout se passe comme si la plainte, fondée, des 10 % était réinterprétée par les 90 %.

g. Un caractère langagier et de demande

Le dire du slogan « la crise du logement ! » semble beaucoup plus important que le logement lui-même. Cette crise se déroule dans le langage. Mais cette parole est très particulière : elle comporte des éléments d’occultation et de réduction, elle se fait dans un certain obscurantisme. De plus, elle est tout à fait véhémente :

  • « Crise du logement : toujours pire ! » (Marianne, le 11 mai 2010) ;
  • « Crise du logement : le combat sans fin » (Les Échos, le 29 janvier 2014) ;
  • « La France en face : le scandale du logement » (France 3, le 20 janvier 2014).

Notons également que la forme de cette demande, c’est la plainte, la revendication.

h. Un caractère générationnel

Dans l’optique d’une analyse des cycles de vie, poser la question du logement en termes d’égalité générationnelle ne semble pas illégitime (Yates 2011). Il est aussi utile de rappeler qu’il existe une idée bien curieuse, qui circule depuis une dizaine d’années, et qui affirme que : « Les enfants vivront moins bien que leurs parents, que pour eux la vie sera plus dure ». Comment peut-on en être si sûr ? La fonction de cette phrase ne serait-elle pas plutôt de mettre en œuvre cette situation ? De la faire accepter, tout en la déplorant ? Quelque chose de difficile, en rapport avec la filiation, ne se jouerait-il pas à l’occasion du discours sur « la crise du logement ! » ?

Perspectives interprétatives

Ces différents caractères renvoient à des concepts freudiens ou lacaniens bien identifiés (l’Autre, la fixation, la répétition, l’investissement, le triplet privation-frustration-castration, l’angoisse…). Ils laissent penser qu’une interprétation psychanalytique est pertinente et utile. Lorsque l’on approfondit la question, le thème du malaise arrive rapidement : « la crise ! » serait la modernité du malaise dans la culture (Freud 1929). L’identification hystérique aux personnes dépourvues y agit et la fustigation s’y manifeste en faisant du chiffre économique l’instrument d’une raclée désirée (Freud 1919). Enfin, la question de filiation semble s’y rattacher. La mise en place et l’organisation d’une inégalité générationnelle s’y conjoint.

En résumé, le discours du « la crise ! » et les 10 % de la population qui subissent la misère, subjectivement, fournissent un symptôme prêt-à-porter, socialement, permettent la dissimulation d’une inégalité intergénérationnelle, économiquement, justifient des subventionnements.

Bibliographie

  • Bourdieu, P. 1986. « L’illusion biographique », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 62‑63, p. 69‑72.
  • Burckel, D. 2014. « Logement : pourquoi et comment faut-il relancer la construction ? », L’Observateur de l’immobilier, n° 89, p. 14‑20.
  • Fijalkow, Y. 2013. « La “crise du logement” n’est pas (seulement) celle qu’on croit », Métropolitiques, 17 juin.
  • Fondation Emmaüs. 2013. L’État du mal-logement en France. 18e rapport annuel, Paris : Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.
  • Freud, S. 2011 [1919]. « Un enfant est battu », in Du masochisme, Paris : Payot et Rivages.
  • Freud, S. 2011 [1921]. Psychologie des foules et analyse du Moi, Paris : Payot et Rivages.
  • Freud, S. 2015 [1929]. Le Malaise dans la culture, Paris : Presses universitaires de France.
  • INSEE. 2012. « Comptes du logement 2011 », RéférenceS, Paris : Commissariat général au développement durable.
  • Lacan, J. 1955. « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », in Écrits, Paris : Éditions du Seuil.
  • Lévy, J.-P., Bourdeau-Lepage, L. et Roudil, N. 2012. « Une solution à la crise du logement : ouvrir le parc privé au secteur social », Métropolitiques, 21 décembre.
  • Mouillart, M. 2007. « Des besoins durablement élevés », Constructif, n° 18.
  • Revault d’Allonnes, M. 2012. La Crise sans fin, Paris : Seuil.
  • Roux-Dufort, C. et Lalonde, C. 2013. « Editorial : Exploring the Theoretical Foundations of Crisis Management », Journal of Contingencies and Crisis Management, vol. 21, n°. 1, p. 1‑3.
  • Yates, J. 2011, « Cyclical Versus Structural Sustainability of Homeownership : Is Counter-Cyclical Intervention in Housing Markets Enough ? », Housing Studies, vol. 26, n° 7‑8, p. 1059‑1080.

En savoir plus

Notes

[1] INSEE 2012, p. 273.

[2] Op. cit., p. 39.

[3] Op. cit., p. 45.

[4] Op. cit., p. 45.

[5] En l’occurrence, il s’agit des propriétaires n’ayant plus d’emprunt.

[6] Indice INSEE–Notaires, France entière.

[7] Cette phrase est la formulation explicite d’une idée assez commune. Elle pourrait être obtenue assez facilement lors d’entretiens individuels, dans le cadre de la gestion de patrimoine, par exemple – la locution « à tout prix » exceptée.

[8] Lacan distingue trois formes de manque : frustration (manque d’un objet réel), privation (manque d’un objet symbolique), castration (manque d’un objet imaginaire). Le « On m’en prive » renvoie à la seconde. On peut se reporter, par exemple, à la séance du 12 décembre 1956, séminaire 4, « La relation d’objet », Paris : Seuil.

Un maraîcher d’Ile-de-France témoigne du changement climatique

Valérie et Alain Crochot gèrent une exploitation maraichère – l’EARL Les Plaisirs du jardin-  à Cergy. Le BIC qui a reçu leur témoignage, le diffuse bien volontiers avec leur autorisation. Valérie et Alain fournissent une AMAP de Bagnolet…  « Choux plus amers,  carottes plus molles,  aubergines aux formes bizarres… », ils s’inquiètent des conséquences du …changement climatique !

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A l’heure où chacun pense aux vacances d’été bien méritées, au soleil, à la détente, … nous faisons face à l’accélération des dérèglements climatiques : pas d’hiver depuis 2 ans, plus de printemps depuis 5 ans, des températures trop fraiches les matins jusqu’à mi-juin depuis 6 ans…et maintenant de très fortes chaleurs ! Sans doute, la canicule nous écrasera la semaine prochaine (NDLR : courrier prémonitoire  daté de fin juin…).

Le froid, le chaud,…où en est-on ?

Nous devons nous adapter, résister. Depuis début mars et pour lutter contre le froid, quatre personnes travaillent la moitié de leur temps à débâcher et ouvrir les serres quand les températures remontent, puis rebâcher et fermer les serres l’après-midi avec des voiles de protection. Quant à la chaleur, les 34 degrés du 4 juin ont été la première alerte. Les cassis sur le haut des plantes ont été brûlés, les feuilles de groseilliers brunies par le feu du soleil, et plus étonnant, les jeunes plants de pastèques et melons sont en difficulté… les plantes sortant du froid n’ont pas de temps d’adaptation. Les potirons ne sont pas encore en fleurs : il nous faudra les arroser toute la journée pour les rafraîchir. Nous allons poser des écarteurs en bois pour aérer au maximum les serres,…Bref, nous allons combattre !

Une nouveauté : la canicule en juin

Je n’ai jamais connu de canicule fin juin… C’est une sensation étrange de réaliser que nous sommes tous sur une planète aux équilibres très fragiles ; Chaque plante a des besoins physiologiques de température, d’humidité assez précis. Mais notre terre connait des déséquilibres qui s’amplifient. Nous modifions nos façons de travailler . Nous modifierons progressivement nos dates de mises en cultures : carottes plus précoces, tomates également avec protections anti-gel renforcées, salades en hiver, choux fleurs et radis en janvier… Vous ne le réalisez pas forcément mais vous avez déjà depuis 2 ans, ces légumes à des périodes incongrues ici. Je m’inquiète pour l’avenir: les choux seront plus amers, les carottes plus molles, les aubergines aux formes bizarres,…Vous vous réjouirez peut-être de manger d’avantage de patates douces. Nous testons des cultures tropicales dans une serre complète: concombres du Sénégal, basilic thaï, cacahuètes, christophines,…

 Comment l’humanité va-t-elle s’alimenter ?

Ce n’est qu’un début ! A Cergy, nous ne sommes certainement pas les plus à plaindre. C’est dur, mais c’est faisable. Mais combien de paysans s’adapteront à ce nouveau quotidien ? Et comment ne pas penser à nos millions de collègues d’Afrique, d’Australie, de Californie,..qui disparaissent ou errent de pays en pays. Comment l’humanité va-t-elle s’alimenter ?

La terre n’est qu’une. Mais notre conscience d’agir est personnelle Elle nous incombe.

Bon été à vous !
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En compléments:
> > > Article de Jean Jouzel, climatologue.
http://www.lepoint.fr/environnement/climat-jean-jouzel-absolument-agir-d-ici-2020-10-06-2015-1935164_1927.phpA la recherche d’une terre plus vivable que la nôtre, excellent dossier de Science et vie (juillet 2015): la première étoile extra-solaire est à 100 000 années de voyage, alors sauvons notre si belle planète !.
 http://www.science-et-vie.com/2015/06/au-sommaire-de-science-vie-n1174/

Sorins : un appel à solidarité

Voici un nouvel appel à votre solidarité afin d’améliorer l’habitat des 173 anciens voisins d’origine  ouest-africaine expulsés il y a 3 ans de la rue des Sorins.

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Merci à ceux qui ont participé au premier appel à financement pour le réaménagement de leur cuisine qui est en cours. Cette fois il s’agit d’aménager les sanitaires toujours par un financement participatif figurant sur la plate-forme numérique “Les petites pierres” . 

 

Depuis trois ans, le Collectif des Sorins, groupe de 173 hommes 
d’origine ouest-africaine, vit dans une ancienne serrurerie à Montreuil. Dans le cadre d’un projet de mise en sécurité du bâtiment, ils cherchent à financer l’aménagement des sanitaires – avec votre aide !
http://www.lespetitespierres.org/faire-un-don/les-sorins-de-montreuil-font-appel-a-votre-generosite-pour-renover-les-sanitaires

 

Pour plus d’informations et pour faire un don : copier et chercher cette adresse sur internet, cliquez et inscrivez-vous.

Faites circuler le message sur vos réseaux.

Le Collectif des Sorins

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TEXTE POUR DIFFUSION CROWD-FUNDING

Le Collectif des Sorins lutte depuis trois ans pour préserver des  valeurs d’accueil et de solidarité face au manque d’un logement digne  et de titres de séjour pour la plupart des 173 migrants qui en font  partie. Originaires de l’Afrique de l’Ouest, ces hommes sont installés  depuis décembre 2011 dans une ancienne serrurerie industrielle au 41-45  rue des Papillons, dans la ville de Montreuil. Soutenue par la Mairie  et les Montreuillois, l’association des habitants fait un véritable  travail de gestion coopérative du foyer.
Un projet de réhabilitation de l’ancienne usine pour répondre à  l’urgence -constituée par les équipements électriques vétustes qui  augmentent les risques d’incendie, et par le manque de chauffage et  isolation- est en cours avec les Architectes de l’Urgence. La Ville et  l’Office pour l’Habitat, propriétaire des locaux, accordent au projet  un soutien financier conséquent qui toutefois, au vu de l’état du  bâtiment, ne permettra pas de couvrir l’ensemble des coûts des travaux.
C’est ainsi qu’on a décidé de lancer un financement participatif sur  internet en collaboration avec la plate-forme “Les petites pierres”  pour récolter les 15.000 € nécessaires pour terminer les travaux et  rénover les sanitaires.

Dès leur arrivée, les Sorins ont remis en fonction les toilettes et les  douches, des chauffe-eau ont été également installés. Elles ont > cependant été aménagées avec des matériaux de récupération et à cause  de l’usage intensif qui en est fait,  elles ne sont clairement plus  dans un état satisfaisant, tant du point de vue de l’hygiène que du  respect de l’intimité. Il est donc indispensable d’améliorer cette  installation.
On fait appel à votre générosité pour réaliser les travaux de  réparation nécessaires à la salubrité des lieux (pose de carrelage  entre autres). Il s’agit également d’installer des équipements adaptés  aux besoins de cette vie en collectivité et qui préservent l’intimité  de chacun (cloisons en dur des cabines, portes pour les toilettes).

Vous trouverez beaucoup d’informations concernant notre situation, le  projet et les modalités de dons sur le site des « Petites pierres » à > l’adresse suivante :
 http://www.lespetitespierres.org/faire-un-don/les-sorins-de-montreuil-font-appel-a-votre-generosite-pour-renover-les-sanitaire

Le Collectif des Sorins

 

Ilôt Blanqui : Sandrine Soppo-Priso explique le vote contre

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Le projet Blanqui tel que présenté au conseil municipal du 25 juin, soulève 3 enjeux  mal appréhendés, selon Sandrine Soppo-Priso, conseillère municipale du BIC : la question de la densité, la question de la Bergerie des Malassis et la question du logement social.

 

La question de la densité

Conscients que la densification est un moyen de lutter contre l’étalement urbain et de préserver les terre agricoles à l’échelle de la région IdF, et qu’elle permet de répondre, en partie, à la crise du logement, néanmoins nous ne perdons pas de vue la nécessité d’aborder cette question dans toute sa complexité.

Premièrement, nous pensons que la densification ne doit pas se faire au détriment d’une ville, d’un quartier ou d’une population en particulier mais qu’elle doit être répartie et pensée aux différentes échelles. Il ne s’agit pas seulement d’une injonction régionale mais d’une dynamique de transformation des territoires et des modes d’aménager, face à laquelle les communes, leurs magistrats, sont en première ligne et les décideurs ultimes.

Deuxièmement, cette densification ne peut se faire uniformément et doit prendre en compte les potentiels propres à chaque ville, à chaque quartier. Enfin, chaque occasion de construire, de bâtir, d’aménager, doit répondre à une vision politique dans une approche qualitative plutôt que quantitative. La densification doit-être outil d’amélioration du cadre de vie. En ce sens elle ne peut se faire sans les habitants.

 Vous comprendrez donc, en toute cohérence avec le discours que nous tenons depuis maintenant deux ans et la position de notre tête de liste, Mireille Ferri que vous citez régulièrement à ce sujet, M. le Maire, que nous ne pouvons pas nous satisfaire du projet Blanqui tel qu’il présenté aujourd’hui. Le fait d’assurer le maintien et la reconstruction d’équipements publics est un minimum dont une institution publique ne peut se prévaloir. La triste réalité de ce projet, est de réduire à peau de chagrin la plus grande qualité de ce quartier: la générosité de ses espaces paysagers.  Les habitants des Malassis ne méritent-ils pas que l’on respecte le peu de qualité dont ils disposent?

La question de la Bergerie des Malassis

e plus, nous nous interrogeons dans la façon dont ce projet d’aménagement prend en compte de l’expérience inédite de la Bergerie.  Si les habitants ont été favorables à son déplacement, c’est tout de même bien le signe d’une volonté unanime qu’elle poursuive son activité au Malassis, à Bagnolet.

Dès lors, les modalités d’aménagement sont-elles à la hauteur de l’enjeu d’accompagner l’intégration de la bergerie dans une nouvelle opération urbaine? Une expérience aussi spécifique n’appelle-t-elle pas une méthode innovante, réellement inclusive et à l’écoute de besoin tout à fait inédits? L’intégration de la Bergerie devrait être en soit une occasion pour innover et renouveler les méthodes d’urbanisation. En prenez-ola mesure Mr le maire?… Quels sont les échanges entre les aménageurs et l’association Sors de terre qui gère la bergerie au quotidien? Comment les conditions nécessaires à son développement, sont-elles été traduites dans les plans, dans le phasage, dans tous les aspects opérationnels de cet aménagement?

Le Bic reconnait l’utilité publique du travail de la Bergerie au Malassis. Vecteur d’échanges, d’éducation, de cohésion sociale, cette expérience est aujourd’hui reconnue comme une initiative innovante dans le secteur de l’aménagement, comme en témoigne l’intérêt des bailleurs tel que Paris Habitat ou I3F, pour développer de mêmes initiatives ailleurs dans Paris et en 1ère couronne.

Ainsi, afin de limiter les impacts sur la Bergerie des Malassis, de garantir la pérennité de son action auprès des enfants et des habitants de Bagnolet, nous vous demandons, Mr le maire, de mettre en place un atelier spécifique de réflexion en lien avec Sors de Terre, les associations, les habitants, la maitrise d’œuvre et de maitrise d’ouvrage de ce projet urbain.

 La question du logement social.

En outre et pour finir, il est évoqué un pourcentage de 36% de logements sociaux. Nous partageons avec vous, la nécessité de produire du logement social ainsi que de ré-équilibrer la répartition entre les quartiers » Or, dans le quartier des Malassis, le taux de logement sociaux est d’ores et déjà surreprésenté. Ainsi, dans les faits, nous soulignons une incohérence avec votre discours. Pourriez-vous préciser ce point au regard de la stratégie de rééquilibrage, défendue en réunion publique?

Pour ces raisons, nous ne voterons donc pas ces délibérations et proposons de repousser le vote au dernier trimestre 2015, le temps peut-être, de coordonner et d’intégrer ces 3 enjeux essentiels pour la réussite de l’aménagement de l’ilot Blanqui.

 

PNRQAD aux Coutures : pourquoi le BIC vote contre

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En échos aux inquiétudes des habitants, Sandrine Soppo-Priso, lors du conseil municipal du 25 juin, a expliqué les cinq raisons pour lesquelles le BIC ne pouvait  pas voter en faveur des délibérations sur le PNRQAD. Et demandait d’en repousser le vote au 4ème trimestre 2015 (comme une élue de la majorité d’ailleurs…), en s’appuyant sur les multiples associations locales qui souhaitent travailler et échanger avec la municipalité sur ce sujet.

 

1 – Dans la mesure où ce plan peut à nouveau connaître des modifications, qu’elle est la véritable urgence de sa signature ? Une signature en octobre après des échanges complémentaires avec la population et association est-il de nature à compromettre la mise en œuvre du PNRQAD ?

2– De plus à la lecture du protocole modifié, celui-ci indique que le fait que toute modification ultérieure du PNRQAD par la Ville se traduisant pas une augmentation du déficit de l’opération sera supporté par la partie à l’origine du déficit c’est à dire la Ville, figeant ainsi la part de financement d’Est Ensemble mais pas celui de la Ville qui peut encore augmenter. Un report du vote ne permettrait-il pas d’avoir un chiffrage permettant de sécuriser le coût pour la ville et d’assurer leur partage égalitaire des coûts avec Est ensemble ?

(article 6 dernier paragraphe: « Si, toutefois en cours d’opération, un des cocontractants souhaite faire évoluer le programme dans un sens qui conduit à une augmentation notable du déficit d’opération, il est convenu que la partie à l’origine de cette modification de programme prend à sa charge l’intégralité de l’augmentation du déficit qui en résulte« ) 

3 – Ensuite, un report semble nécessaire car il y a un désaccord sur les parcelles identifiés pour le transfert de compétence notamment sur celles de

– l’ilot Etienne Marcel

et de

– l’ilot Robespierre

Certains bâtiments identifiés ne seraient pas en Etat d’insalubrité. Les habitants s’interrogent.

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3- De plus 2 ilôts sur les 3 concentrent des locaux commerciaux qui vont être rachetés à un prix élevé par la Soreqa sur le compte entre autre de la Ville. Pourquoi inclure Colorine localisé au 198 rue Etienne Marcelle, qui occupe et utilise toujours les bâtiments situé sur une parcelle qui a été mise dans le champ du dispositif ?

L’objectif est à nouveau de remplacer par du logement, mais alors que fait-on de la nécessité de maintenir de l’activité et le tissu économique à Bagnolet? Que fait-on de l’objectif de revitalisation du tissu commercial ?

Un PNRQAD détourné de ses objectifs?

4- Le nombre de classe devant être crée se trouve réduit à 2 classes au lieu des 4 initialement prévus. Est ce que cela répond à l’objectif posé du développement d’équipements publics répondant aux besoins de la population. La pression démographique dans les écoles aux Coutures est déjà importante, la création de 2 classes permettra-t-elle de pallier aux besoins du quartier?

 

C’est donc un PNRQAD qui nous semble être détourné de ses objectifs initiaux puisqu’au-delà de la réhabilitation de logements vétustes il va surtout permettre d’élever de nouvelles constructions dans le quartier des coutures. En l’état ce projet répond à la politique de densification des coutures et non à la revalorisation du quartier comme cela devrait-être le cas, comme à Saint-Denis, comme à Villeneuve st George, …, où la soreqa a su répondre aux objectifs de revitalisation des centres historiques.

 5- Enfin au-delà des chiffres macro, les habitants souhaitent connaître avec plus de précision les incidences financières pour chaque îlot. Il s’agit comme vous le savez d’un paramètre de décision incontournable.

 

Pour ces raisons, nous vous demandons d’en repousser le vote au 4ème trimestre 2015 et de vous reposer sur notamment sur les multiples associations locales qui souhaitent travailler et échanger avec vous sur ce sujet.

 

Les rythmes scolaires : un mauvais point pour la municipalité

Lors du dernier conseil municipal, le jeudi 25 juin, Jean-Claude Oliva, conseille municipal a fait cette déclaration au nom du BIC. Le point à l’ordre du jour concernait le projet éducatif territorial. Jean-Claude Oliva explique les raisons de l’abstention des conseillers municipaux du BIC lors du vote de ce projet.

 

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« Je voudrais tout d’abord exprimer notre satisfaction de voir pour la première fois la question de l’école mise à l’ordre du jour du conseil municipal. Cela m’évitera des interventions intempestives !

Pour la première fois

– Le projet éducatif territorial est l’aboutissement d’une concertation relative avec les acteurs de l’école. Concertation relative car la méthode retenue qui a consisté à séparer dès le départ le débat sur le fond (les contenus) du débat sur l’organisation (les horaires) ne semble pas très pertinente tant le lien est fort entre les projets et les conditions de leur réalisation. Des parents l’ont dit mais ils n’ont pas été entendus. C’est bien dommage car une véritable participation consiste à définir au préalable des règles communes entre tous les acteurs.

Une concertation relative

– Concertation relative, car tous les scénarios exprimés par les participants pour les horaires en élémentaire n’ont pas été soumis au vote des conseils d’école. Seuls deux scénarios ont été soumis au vote, les deux proposés au départ par la municipalité : 2 fois 1h30 ou 1 fois 3h. Deux autres scénarios (3 fois 1h et 4 fois 1h) proposés par des parents de Ferry (qui ont d’ailleurs retenu la majorité des voix dans cette école) n’ont pas été soumis au vote de tous les conseils d’école. Les instituteurs de l’école élémentaire Jaurès ont également exprimé leur préférence pour continuer au rythme actuel avec la fin de l’école à 15h45 car ils ont remarqué que l’attention des enfants est bonne jusqu’à cette heure là et que les journées plus courtes sont bénéfiques aux enfants. Cela permet de relativiser l’affirmation selon laquelle « la municipalité a suivi les avis des conseils d’école ».

Il manque …des verres et des cuillères

– Dans notre commune, l’école connaît de grandes difficultés, elle est en déshérence du fait de l’insuffisance des postes d’enseignants et du nombre d’enseignants fournis par l’éducation nationale. Selon les syndicats enseignants, il manque 1700 postes et 800 enseignants pour les postes existants dans notre département. Cela se traduit en semaines d’écoles en moins pour les enfants par rapport à d’autres départements comme Paris. Elle est en déshérence aussi du fait de la vétusté des locaux et du manque criant de moyens de fonctionnement dans notre ville. Malheureusement ces problèmes ne sont toujours pas dépassés : le dernier conseil de l’école élémentaire Jaurès note le manque de verres et de cuillères à la cantine, des problèmes récurrents de transport qui conduisent à l’annulation des sorties, et des réparations ou des remplacements de matériel qui ne se font pas ou tardivement.

– Cette situation exigerait une mobilisation de tous : parents, enseignants, municipalité, un élan pour un projet commun. Une consultation dynamique qui fasse émerger de nouvelles idées, qui s’enrichisse des avis de tous, sans exclusion a priori, bref une véritable participation ouverte aurait sans doute permis cela. Là, on obtient un consentement sans conviction des conseils d’école. Je ne peux que regretter l’occasion ratée.

– J’en viens au projet lui-même : rien de scandaleux en soi. Pour la maternelle, les objectifs des activités proposées sont :

 -favoriser l’émergence de la citoyenneté

– développer progressivement l’autonomie du jeune enfant

– favoriser la créativité et l’imagination

– favoriser sa socialisation tout en stimulant sa curiosité

– favoriser la participation et l’implication de l’enfant dans le groupe

– développer les échanges intergénérationnels

– veiller à respecter le développement physique, affectif, social et intellectuel de l’enfant

– offrir des choix d’activités différentes

Les domaines d’activité retenus sont :

–  Activités manuelles autour d’une exposition et d’un vernissage; fabrication de nouveaux jeux de société ; création de marionnettes et mise en scène; fabrication d’instruments de musique; modelage; jardinage

Activités artistiques et culturelles : travail autour du livre; du chant; de la danse

Activités sportives autour de la motricité

Activités diverses : prévention routière; prévention des risques domestiques; autour du jeu : chasse aux trésors; courses d’orientation

Quelle différence avec l’école maternelle elle-même ? Il n’y a aucune complémentarité, c’est une reproduction à l’identique. La seule différence, c’est la personne qui mène ces activités. Dans le cas de l’école maternelle, c’est une personne qualifiée, institutrice ou instituteur. Dans le cas des activités périscolaires, au mieux, on ne sait pas.

Des subventions très insuffisantes

Pour l’élémentaire, il y a davantage de complémentarité. Hormis les activités sportives, les autres activités proposées ne font pas ou plus partie des activités scolaires stricto sensu.

– Au-delà des bonnes intentions du projet se pose la question de sa concrétisation.

Le diagnostic des ressources et des besoins indique :

« -Coût financier élevé du projet

– Subventions de l’Etat et Caf très insuffisantes pour couvrir le coût du projet »

De quels moyens, disposez-vous réellement pour mettre en œuvre ce projet ? Ou dit autrement : que pourrez-vous faire réellement avec les moyens que vous avez ?

Dans les écoles élémentaires, 65 projets ont été déposés par des associations et environ 50 retenus par la municipalité. Ce qui est un nombre très insuffisant : cela correspond à la moitié de ce qu’il faudrait. Donc faute de combattants, le projet d’activités ne va concerner que la moitié de l’horaire indiqué en primaire : 1h30 pour des activités périscolaires et 1h30 de centre de loisirs.

Enfin, dernière et grande question, où en sommes-nous du recrutement des animateurs et de leur formation ?

Manque de ressources et de ressorts

– Conclusion : le projet n’est pas à la hauteur des enjeux et des besoins. Je ne dis pas que la faute en revient à la municipalité. Mais plutôt que dans un contexte difficile, la municipalité n’a pas su trouver les ressources et les ressorts pour la construction d’un véritable projet éducatif territorial. C’est dommage. Cela nous conduit à nous abstenir. »

Dans sa réponse, le maire a indiqué que 25 animateurs bénéficieront d’une formation aux vacances de la Toussaint et que les autres seront formés tout au long de l’année.