PLU et Dhuys : lettre ouverte du conseil de quartier

Le 30 juin, lors de la réunion sur le PLU, Gilles Wallis, référent du conseil de quartier de la Dhuys, a repris la proposition présentée au Conseil de Quartier de limiter les hauteurs de constructions à la Dhuys pour freiner la densification massive que la municipalité nous propose.
Suite à la discussion et aux propos qu’il juge indignes de la part de Pierre Sardou, le  référent du quartier a proposé au conseil de quartier cette lettre ouverte à Tony Di Martino.
Avec pour but de clarifier la proposition du conseil de quartier et d’assainir le débat… Il semble que certains ont à coeur de l’envenimer en tentant de dresser les habitants les uns contre les autres. Souvenir, souvenir…

« Monsieur le Maire,

Lors de la réunion publique du 30 juin, j’ai transmis à nouveau la proposition émise par le Conseil de Quartier de la Dhuys du 5 mai 2015 de limiter les hauteurs de construction à R+2 afin de contenir la densification. En réponses, Monsieur Pierre Sardou, délégué au logement et référent du quartier a déclaré, en substance que les habitants de la Dhuys ne mettaient en avant cette proposition que parce qu’ils tiennent, avant tout à préserver leur cadre de vie sans tenir compte des besoins de logement des autres Bagnoletais, qu’il veulent égoistement rester entre eux.

Ce point de vue n’est pas fondé et ces propos sont dangereux. Le sentiment que les Bagnoletais du quartier de la Dhuys, comme ceux des Coutures, sont des privilégiés, est malsain, il doit être combattu et ceux qui le propagent fermement condamnés.

Pourquoi nous avons raison de préconiser une limite aux hauteurs de construction dans le quartier de la Dhuys :

· Notre proposition de limiter les hauteurs à R+2 en facade fera passer la densité du PLU précédent de 1m2 construit / m2 de parcelle à 1,5 m2/m2 (1) soit un droit à construire de 50 % plus élevé que celui du PLU de Marc Everbecq que vous avez qualifié vous-même de « permissif « . Cette augmentation permettra, contrairement aux allégations de Pierre Sardou, de faciliter l’offre de logements.

· Votre proposition de maintenir la hauteur de facade à R+3 avec une réduction de hauteur deplafond de R+5 à R+4, ferait passer le droit à construire de 1m2/m2 à plus de 2,5 m2/m2 (1), soit une augmentation considérable de la densité, avec toutes les conséquences négatives que nous avons décrites et que Monsieur Sardou considère comme la défense de nos privilèges.

· Est-ce un privilège de vouloir trouver une place en crèche ou à l’école, de pouvoir garer son

véhicule, est-ce un privilège de vouloir un lieu pour une maison de quartier, de disposer d’espace vert ou de commerces de proximité, ou ailleurs qu’en périphérie de notre quartier ? Est défendre un privilège que d’affirmer que notre quartier n’est pas configuré pour la densification massive que vous projetez ?

· Si habiter dans un quartier un tant soit peu aéré, à l’heure du réchauffement climatique et de l’accroissement des pollutions atmosphériques, est un privilège inacceptable, dites le clairement, notamment à ceux qui, nombreux, ont voté pour vous. Dites que vous voulez transformer la Dhuys en un quartier de centre ville.

· D’un autre point de vue, la densification à outrance s’oppose à votre politique urbaine : en effet, une multiplication par 2,5 du droit à construire à la Dhuys va encourager la spéculation foncière et renchérir mécaniquement (quasi proportionnellement) la valeur des parcelles avec deux conséquences que vous ne pouvez pas ignorer :

o D’abord, la fuite des activités, les patrons profitant de l’aubaine pour vendre leur propriété avec une énorme plus value et s’installer en lointaine banlieue (1,7M€ pour la fonderie Landowski par exemple) pour transformer les parcelles d’activité en logements. A quoi sert-il de densifier la petite couronne si les activités qui y sont présentes s’en vont (voyez également Filmolux).

o Ensuite, le surcout du logement social dont le prix de terrain constitue en région parisienne une partie importante.

Notre proposition de limiter l’augmentation de la densité urbaine est donc parfaitement compatible avec votre objectif de construction, sans les conséquences négatives de la votre.

Mais, nous sommes en démocratie et le débat est source de progrès, à la condition qu’on n’use pas du débat comme Pierre Sardou l’a fait le 30 juin. Car ce qu’il a exprimé en cherchant à stigmatiser une partie des Bagnoletais pour leur égoïsme face à la demande de logements des autres est irresponsable. L’utilisation de cet argument nauséabond renoue avec les méthodes détestables de Marc Everbecq qui, dans la dernière partie de son mandat, avait cherché à monter les Bagnoletais les uns contre les autres : ceux des cités contre ceux des pavillons, par exemple.

Ces méthodes d’ostracisassions, ont, de tous temps et en tous lieu montré leur dangerosité, Pierre Sardou ne peut pas l’ignorer.

Je suis donc persuadé que Pierre Sardou , en homme politique averti, ne tardera pas à rectifier sa position. D’autant qu’il a déjà subi les huées d’habitants de Coutures pour des propos similaires lors d’une précédente réunion publique.

Mais quoi qu’il puisse dire désormais, le mal est fait, qui plus est dans l’ enceinte publique du Conseil Municipal. Je vous demande donc, Monsieur le Maire, d’enjoindre à votre adjoint au logement de renoncer désormais à utiliser ce type d’argument et de bannir des propos qui sèment, la méfiance, l’incompréhension et la discorde.

Vous pourrez à cette occasion lui faire entendre qu’en décourageant la pression foncière par une limitation nette des hauteurs, les propriétaires de la Dhuys démontrent, au contraire, un véritable comportement altruiste, car ils se privent de voir leur bien prendre plus de valeur.

Vous m’avez affirmé le 30 juin que le débat sur le PLU va se poursuivre et que vos recommandations sont donc amendables. Je pense que les arguments avancés par les habitants du quartier, sont constructifs et je suis persuadé que du débat naitra une meilleure proposition, si l’on en respecte les formes, si l’on renonce aux manipulations et aux effets de tribune, et si l’on traite véritablement le fond des questions soulevées.

Recevez, Monsieur le Maire, mes salutations citoyennes,

Gilles Wallis

(1) Estimation selon la méthode décrite dans la présentation au CDQ du 5 mai. Avec une hauteur supplémentaire de plafond de R+3, le droit à construite monterait à près de 2m2/m2 de parcelle (soit un doublement du droit à construire décidée par l’équipe précédente).