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Tribune du groupe BIC-EELV (à paraître – mai 2017) Bajomag / Augmentations des impôts

 

Dans la Tribune du groupe BIC-EELV à paraître dans le prochain BajoMag, sont donnés les vrais chiffres de l’augmentation des impôts locaux à Bagnolet : + 11,6 % en moyenne = + 5,6 % sur la taxe d’habitation et + 19,9 % pour la taxe foncière.

Oui vous avez bien lu : +19,9% pour la taxe foncière !

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 Une nouvelle promesse électorale de 2014, émise par la majorité Di-Martino/Hakem, a volé en éclats avec le vote du budget primitif 2017 ! Aucune augmentation d’impôts, prétendaient alors les élus de l’actuelle majorité, ne serait annoncée sur cette mandature ! À écouter l’adjoint aux Finances la justifier lors du conseil municipal du 29 mars 2017, on aurait pu croire… que le Titanic flottait encore. Quel talent ! Si ce n’est que la ville approche de l’iceberg !

C’est donc aux élus du BIC, qu’il est revenu, lors de ce débat budgétaire, de relever qu’entre les budgets 2016 et 2017, la majorité allait engager un million d’euros supplémentaires de dépenses en gestion courante. Et qu’entre 2014 et 2017, les dépenses de personnel étaient passées de 40 millions pour 1036 agents, à 43,6 millions pour 1078 agents.

Cherchez l’erreur ! Alors que depuis trois ans, les Bagnoletais ont toujours droit au même refrain : c’est la faute aux prédécesseurs ! Mais n’était-ce pas cette majorité si sûre d’elle, qui claironnait, il y a peu, qu’elle allait engager des efforts de rationalisation et d’économies à tout va !

Venons-en à la réalité de cette augmentation : depuis des semaines, la majorité a le toupet de demander, côté recettes, un « petit effort » aux habitants en imposant un soi-disant « contrat »…

Fidèle à son engagement de transparence, le BIC et ses élus confirment aux Bagnoletais que l’augmentation des impôts, votée le 29 mars et qu’ils vont subir dès cette année, sera de 30 fois l’inflation (+ 11,6 % en moyenne = + 5,6 % sur la taxe d’habitation et + 19,9 % pour la taxe foncière).

Pire : les 4 millions d’euros obtenus ne serviront au mieux qu’à éteindre le feu. Certainement pas à construire la maison, chantier qui devra encore attendre, faute de capacité d’auto-financement, la fin de ce mandat ! Sans pour autant que la ville cesse d’emprunter : fin 2017, elle aura 2,6 millions d’euros de dettes supplémentaires.

De quoi largement justifier le vote contre ce budget 2017 des quatre élus du BIC !

La Grande Parade Métèque 2016 : Une belle aventure pour dire la richesse de la diversité…

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Vu dans Le Parisien 30 mai 2016

 

« Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis » Antoine de Saint-Exupéry

 

Après un sprint final dans la dernière semaine, c’était l’édition 2016 de la Grande Parade Métèque ce samedi 28 mai – rapport en images de LGPM, visible sur notre chaine

 

N’hésitez pas à diffuser, partager,…

 

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INÉGALITÉS : UN TERRITOIRE FRACTURÉ

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http://www.secours-catholique.org/actualites/inegalites-un-territoire-fracture

 

L’Ile-de-France est une terre d’inégalités. Et les disparités se creusent au fil des années. Dans une étude approfondie du territoire francilien, le Secours Catholique alerte sur cette fracture tant économique que sanitaire et éducative. Si cette situation n’est pas rééquilibrée, prévient l’association, elle pourrait aboutir à une rupture du tissu social.

 

ENTRETIEN AVEC HERVÉ DU SOUICH, PRÉSIDENT DE LA DÉLÉGATION DU SECOURS CATHOLIQUE DES YVELINES ET CO-AUTEUR DE L’ÉTUDE SUR LES INÉGALITÉS EN ILE-DE FRANCE.

 

Pourquoi et comment avez-vous conduit cette étude sur les inégalités qui fracturent l’Ile-de France ?

Cette étude est issue de la perception de nos bénévoles présents sur le terrain, selon laquelle les lieux de pauvreté se renforcent de plus en plus. Nous avons voulu mesurer ce ressenti et en connaître l’évolution.

Nous savons depuis longtemps qu’il y a un déséquilibre important en Ile-de-France. Mais est-il stable ou bien s’accentue-t-il ? Pour le savoir, nous avons rassemblé des données qui sont disponibles mais éclatées : des statistiques de l’Insee, de différents observatoires, des rapports de l’Agence Régionale de Santé, de l’Éducation nationale etc.

Quels sont les constats qui en résultent ?

Il en ressort principalement que les lieux de pauvreté décrochent sur tous les tableaux à la fois : sur le plan économique mais aussi sociologique – avec une augmentation du nombre de familles monoparentales – ainsi qu’au niveau de l’accès à l’éducation et à la santé. Avec en prime, une aggravation au fil des années.

En Seine-Saint-Denis, les communes les plus pauvres régressent, alors que le département est lui-même en décrochage par rapport à la moyenne régionale. La fracture est donc en train de s’élargir.

Tous les indicateurs sont au rouge : chômage, grande pauvreté, échec scolaire… Les pouvoirs publics et le monde associatif prennent des mesures, et pourtant, la dégradation se poursuit. Les pauvretés se concentrent de plus en plus dans les mêmes lieux, le nombre des personnes concernées s’accroît et la pauvreté s’intensifie.

Comment expliquez-vous le creusement de cette fracture territoriale ?

Un point clé est le déséquilibre dans l’accès au logement très social et à l’hébergement d’urgence, qui entretient le regroupement des pauvretés. Prenons l’exemple du Samu social : il héberge plus de 30 000 personnes dans des hôtels qui sont, à 80%, situés dans des lieux de pauvreté. On charge la barque de territoires déjà en grande difficulté.

Il y a un problème de coût du foncier, qui rend onéreux la construction de logements sociaux dans les villes résidentielles. Il y a aussi un problème politique. On se cogne aux égoïsmes des communes qui se portent bien et ne souhaitent pas « abîmer » leur qualité de vie en accueillant du logement très social et en faisant œuvre de solidarité.

Que préconisez-vous pour enrayer cette dégradation ?

Nous demandons principalement la relance d’un plan ambitieux de construction de logements très sociaux, réellement accessibles aux personnes en situation de pauvreté. La loi SRU laisse encore trop la possibilité aux communes de se concentrer sur du logement social haut de gamme.

Ce rééquilibrage doit être fait de façon diffuse, y compris dans les communes aisées et là où le foncier est cher et au sein même de chaque commune, afin de favoriser la mixité sociale et le vivre ensemble.

Il faut cesser de constituer des îlots de pauvreté, qui conduisent à ce qu’une frange de la société regarde l’autre vivre sans elle.

Étude sur les inégalités qui fracturent l’Ile-de-France

Dans une étude approfondie du territoire francilien, le Secours Catholique alerte sur les inégalités économiques, sanitaires et éducatives qui fracturent de plus en plus ce territoire. Si cette situation n’est pas rééquilibrée, prévient l’association, elle pourrait aboutir à une rupture du tissu social.

Télécharger l’étude

Étude sur les inégalités qui fracturent l’Ile-de-France

Dans une étude approfondie du territoire francilien, le Secours Catholique alerte sur les inégalités économiques, sanitaires et éducatives qui fracturent de plus en plus ce territoire. Si cette situation n’est pas rééquilibrée, prévient l’association, elle pourrait aboutir à une rupture du tissu social.

Télécharger l’étude

  • En Ile-de-France, le niveau de vie des 10% des ménages les plus aisés est 5 fois supérieur à celui des 10% des ménages les plus modestes.
  • On vit en moyenne 2 ans plus vieux dans les Hauts-de-Seine qu’en Seine-Saint-Denis.

L’école debout !

L’école debout !

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L’école maternelle Jaurès a été occupée symboliquement par les parents mercredi 13 avril, comme plusieurs centaines d’écoles du 93.

Parents et enseignants décrètent l’état d’urgence contre les inégalités scolaires qui frappent particulièrement notre ville et notre département.

Tous veulent d’urgence des profs supplémentaires pour assurer le fonctionnement au quotidien des écoles.

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Voici le texte de la lettre envoyée aux responsables de l’Education nationale

Collectif de parents
Écoles maternelle et élémentaire Jean Jaures
Rue Anatole France
93170 Bagnolet
Madame la Ministre de l’Education nationale
Madame la Rectrice de l’Académie de Créteil
Monsieur le Directeur Académique de Seine Saint-Denis
Monsieur l’inspecteur de l’Education nationale
Bagnolet , le 13 avril 2016
Depuis la rentrée scolaire 2015, des milliers d’élèves des écoles de Seine-Saint-Denis n’ont pas d’enseignants chaque jour.
Parfois, dans la même école, plusieurs profs absents ne sont pas remplacés, à tel point qu’il est demandé aux parents de garder leurs enfants chez eux !
Parfois aussi, les congés longs et connus de longue date ne sont pas remplacés.
C’est alors l’ensemble de l’établissement qui est perturbé: les enseignants présents accueillent les enfants qui n’en ont pas, mais il leur est hélas impossible d’assurer un cours normal.

Les expédients actuels masquent à peine la misère : des remplaçants sont recrutés à la va-vite le matin pour aller prendre une classe l’après-midi à l’autre bout du département. Certains arrivent le matin pour repartir dès le midi appelés dans une autre école, plus prioritaire… Poussés sans formation devant des classes parfois difficiles, ballottés d’école en école, d’un bout à l’autre du département, sans perspectives ni statut, ces remplaçants sont vite démobilisés.

Après 4 ans de lutte, le Plan d’urgence pour le département 93 réclamé en 2012 par le Collectif des parents d’élèves de Seine Saint-Denis, les Bonnêts d’ane, relayé par la FCPE, sera finalement mis en œuvre à compter de septembre 2016 avec 500 postes créés dont 110 pour les remplacements. Mais septembre c’est trop tard ! Et nous doutons que cela soit suffisant…

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Où est l’égalité d’accès des enfants à l’instruction dans notre département ?
Nos enfants doivent-ils se contenter d’une école au rabais ?

Pour ces motifs, nous nous joignons aux organisations syndicales des enseignants pour réclamer que, sans attendre les résultats du concours exceptionnel 2016 et les affectations de septembre, vous appeliez sans délai les lauréats disponibles de la liste complémentaire du concours 2015 pour pourvoir les 110 postes annoncés.
Nous estimons également que ce métier doit avoir une rémunération à la hauteur de l’importance qu’il a, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Nous demandons par ailleurs que le travail des Auxiliaires de Vie Scolaire soit renforcé. Il faut réduire les délais d’obtention d’une AVS, pérenniser leurs contrats. Ils sont essentiels pour les enfants en grande difficulté et améliorent sensiblement la vie de la classe où ils sont affectés.
Nous notons aussi sur notre département un manque flagrant de professionnels de santé (infirmières scolaires, médecins, psychologues).

Si l’on veut enfin que nos écoles soient pleinement un lieu d’apprentissage et d’épanouissement pour tous nos enfants, c’est à toutes ces demandes à la fois qu’il faut répondre!

Afin de protester contre cette situation, nous vous informons que :
Mercredi 13 avril 2016, un grand nombre d’écoles de Seine-Saint-Denis seront bloquées symboliquement pendant 30min à 8h45.

Le collectif des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis

Appel pour la création d’un Observatoire de la Fraternité en Seine-Saint-Denis

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Appel pour la création
d’un Observatoire de la Fraternité
en Seine-Saint-Denis

Comme la France entière, les habitants de notre département ont été stupéfaits et horrifiés par les attentats successifs de l’année 2015, commis au nom d’une vision dévoyée et totalitaire de l’Islam.
Quelques mois après, et alors que la reproduction de tels crimes de masse reste possible sur notre sol, nous refusons les objectifs qui correspondent à la stratégie de leurs initiateurs : provoquer des réactions violentes, saper la démocratie et le vivre ensemble, s’appuyer sur des fractures qui traversent nos villes trop souvent délaissées, séparer la société française en catégories de populations et de territoires hostiles les uns aux autres.

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Nous refusons l’engrenage infernal qui à partir des attentats conduit à la stigmatisation et à la haine et pousse à la peur et au repli de chacun sur soi-même.

Nous pensons au contraire que seule la fraternité peut mettre en échec les appels à la vengeance, combattre l’ignorance et promouvoir la non-violence !

Nous tous qui essayons de faire vivre les valeurs de la République au quotidien sur les lieux d’activité et dans les quartiers,
femmes et hommes de bonne volonté, jeunes, groupements associatifs et syndicaux, entrepreneurs, enseignants, parents d’élèves, professionnels de santé, défenseurs des droits et libertés, représentants d’autorités morales et religieuses, artistes, sportifs, élus républicains de tous bords,

Ne laissons plus passer sans réagir les atteintes portées par toutes les formes d’extrémisme aux libertés de penser ou d’agir de quiconque…

Dans un département riche en initiatives, multiplions les rencontres et les actions positives, ouvrons ou renforçons partout les espaces d’espérance, d’’amitié et de dialogue entre les habitants quels que soient leurs origines, leurs communautés, leurs territoires : les petits événements, conduits par des gens dont on parle trop peu, peuvent se révéler à la longue d’une grande fécondité.

Dans l’application des mesures particulières qu’exige nécessairement la lutte contre le terrorisme, nous appelons les pouvoirs publics, à faire preuve de discernement, de mesure et de respect absolu des droits de tous.

Les soussignés s’engagent à œuvrer à la mise en place d’un réseau souple de correspondants de la fraternité, à l’échange d’informations et d’alertes, par commune, par quartier et dans les entreprises…

Ils mettent en débat la création d’un Observatoire, véritable fabrique de la Fraternité, en Seine-Saint-Denis.
Dès les premières semaines de 2016, ils appelleront à la réunion de toutes les personnes et les groupements qui voudront faire vivre ce réseau et cet observatoire.

Initiateurs et premiers signataires au 4 avril :

Mohamed Aboudrar(Responsable de l’Incubateur Incub’13) ; Aline Archimbaud(Sénatrice de laSeine-Saint-Denis) ; Atelier Murr(Imprimerie d’art, Pantin) ; Asif Arif (Avocat – Blanc-Mesnil) ; Guy Balestier(Pasteur, Pantin) ; Marie Clémentine Bendo (Femme médiatrice) ; Guy Benisty (Directeur du Groupe d’Intervention Théâtrale GITHEC) ; Brahim Benramdan (Élu à Bagnolet) ; Berthet One (Dessinateur / Illustrateur de BD) ; Medy Bigaderne (Élu à Clichy-sous-Bois) ; Nathalie Blumental (Représentante FCPE) ; Frédéric Bouchet ; Ahmed Boudhraa (Directeur centre formation en retraite) ; Medhi Bouteghmes(Élu local La Courneuve) ; Patrick Braouezec(Président de Plaine Commune – Membre honoraire du Parlement) ; Andrea Caïzzi(Association de solidarité avec les enfants tsiganes) ; Muriel Casalaspro(Élue à Montreuil) ; Roland Ceccotti-Ricci (Élu à Aubervilliers) ; Catherine Choquet(Présidente de la Ligue des droits de l’homme de Seine-Saint-Denis) ; Cm 98 (Antenne de Saint-Denis) ;Herve Coué(Directeur de l’École de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis) ; Didier Daeninckx(Écrivain) ; Janine Dardare(La Cimade) ;Jean-Michel Delarbre(Militant RESF); Rokhaya Diallo(Journaliste et auteure, La Courneuve) ; Maimouna Diouf (Association LÉA, Montreuil) ; Sékou Doucouré(Association des Jeunes du Pavé Neuf – Noisy-le-Grand) ; Mariam Dramé(Association Mali le Mounou) ; Ninon Duval Farre(Directrice d’Incubateur Bond’innov, Bondy) ; Olivier Epron(Président des Francas de Seine-Saint-Denis) ;Jean Etcheverria (Président du Secours Catholique 93); Félicie Fabre (Comédienne) ;André Falcucci (Acteur de l’éducation populaire) ; Jean-Matthieu Fourt (Metteur en scène, Association Café Culturel de Saint-Denis) ; Nicolas Frize (Les Musiques de la Boulangère, Saint-Denis) ; Edgard Garcia(Directeur de Zebrock) ; Stéphane Gatignon (Maire deSevran) ; Mathieu Glaymann(Militant parents d’élèves, justice climatique et tourisme alternatif,Epinay-sur-Seine) ; Mathieu Gramfort(Élu àSevran) ; Grand Corps Malade (auteur-interprète et slameur) ; Nadia Guidoum(Rosny-sous-Bois) ; Liliana Hristache(Association de solidarité avec les roms) ; Sofienne Karroumi(Élu àAubervilliers) ; Nacer Kettane(Membre du Conseil Économique, social et environnemental et Président de Beur FM) ; Belkha Kheder (Réseau départemental des entreprises d’insertion) ; Malamine Koné (PDG d’Airness) ; Guillaume Lardanchet (Association Hors la rue, Montreuil) ; Ana Larregle (Noisy-le-Sec) ;Antoine Lazarus(Professeur émérite de santé publique et médecine sociale université Paris XIII) ; Martine Legrand(Élue au Pré-Saint-Gervais) ; Monique Legrand(ASTI 93) ; Georges Letellier (Pasteur du Foyer Protestant d’Aubervilliers) ;Librairie les mots passants-Aubervilliers ; Cristina Lopes (Fondatrice et directrice artistique du Café Culturel à Saint-Denis) ; Gérard Marle (Prêtre) ; Mohamed Mechmache (Élu régional – AC le feu) ; Mouloud Medjaldi(Élu àMontfermeil) ;Didier Ménard(Médecin aux Francs-Moisins, Saint-Denis) ; Halima Menhoudj(Élue à Montreuil) ; Nadia Merakchi(Présidente de la Fédération départementale des Centres sociaux 93) ; Ali Meziane(Élu à Clichy-sous-Bois); Jérôme Micucci (Entrepreneur, Montreuil) ; Le Ministère des Bonnets d’Ânesde Saint-Denis ;Claude Moskalenko(Association de Solidarité, Pantin) ; Marjorie Nakache, Directrice, et Kamel Ouarti, Directeur (Studio Théâtre de Stains) ;Claire Nicolas (Maison ouverte,Montreuil) ; Laetitia Nonone(Association Zonzon 93, Villepinte) ;Jean-Claude Oliva(Élu à Bagnolet) ; Daniel Orantin ; Maged Osman (Mosquée Masjid Al Oumma, Montreuil) ; Didier Ostré (Bagnolet) ; Sarah Oussekine(Association Voix d’Elles Rebelles de Saint-Denis) ; Eric Ovono (Café littéraire d’ici et d’ailleurs de Stains) ;Laurence Petit-Jouvet (Cinéaste, Montreuil); Claire Pessin Garric (Ligue de l’enseignement – FOL93) ;Nicole Picquart (Régie de quartier d’Aubervilliers) ;Benjamin Pitcho(Avocat à la Cour – Maître de conférences à l’Université Paris 8) ;Nabil Rabhi (Élu àMontreuil) ;Hakim Rachedi(Éluà Aubervilliers) ;Annick Rennesson(Association Pantin) ;Robin Renucci (Directeur des Tréteaux de France, Pantin) ; Gilbert Roger(Sénateur de Seine-Saint-Denis) ; Bernadette Rwegera (Association Ikambere, femmes en lutte contre le sida) ; Moussa Said(Association APIC, Bagnolet) ; Véronique Saint Aubin (Association SFM AD) ;Nihat Sarier (Association Plateforme de Paris, Pantin) ; Alain Sartori(Président des CEMEA d’Ile-de-France) ;Pierre Scarfogliero(Secrétaire général de l’Union Départementale CFDT 93) ; Marc Schoene(Médecin) ;Fatma Sel(Association Nénuphar, Pantin) ;Chain Singh(Direction du Conseil Représentatif des Sikhs de France,Bobigny) ; Yves Sintomer(Enseignant à Paris 8) ; Lakdar Taddani(Recteur de la mosquée Al-islah de Montreuil) ;Azzedine Taïbi(Maire de Stains) ; Catherine Taleb (CCFD – Terre solidaire. Saint Denis) ; Danielle Tartakowsky(Présidente de l’Université Paris 8) ; Sylvine Thomassin (Maire de Bondy) ; Gilles Thomé (Artiste musicien) ; Patrick Toulmet(Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Seine-Saint-Denis) ; Robert Turgis(Acteur de l’éducation populaire) ; Xavier Vandromme(Délégué du Secours Catholique 93) ;Marie-Christine Vergiat (Députée européenne) ; Willy Vainqueur (Photographe) ; Évelyne Yonnet(Sénatrice de Seine-Saint-Denis) ; Nadia Zaïd(Élue à Clichy-sous-Bois);Djamila Zidani(Association de parents d’élèves, Montreuil) ; Habib Zran (Pantin).

http://observatoirefraternite93.org/

 

Bagnolet, ville hôtel ? 

Au conseil municipal du 8 avril, la dernière délibération était consacrée à la mise en place d’une servitude de sécurité pour l’évacuation des Mercuriales. L’occasion de découvrir la prochaine transformation des deux tours en hôtel (et peut-être de luxe !).

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« Le plus grand hôtel d’Europe », a annoncé fièrement le maire en proposant au vote cette délibération sur une servitude de sécurité dans les Mercuriales, qui ouvrait grand sur l’avenir et lamentation en équipement hôtelier de ces deux institutions de l’économie bagnoletaise.

Des mesures au coup par coup
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Face à cette nouvelle, se pose d’abord un problème de méthode : le maire a refusé la révision du PLU, c’est à dire un débat public sur l’aménagement urbain et l’avenir de Bagnolet. Après cette déclaration on conviendra que le maire, s’il a certainement une stratégie pour la ville, …n’a aucune volonté de la partager, ni avec le conseil municipal, ni avec la population. Non, c’est au coup par coup que les mesures tombent, loin d’être anecdotiques et qui vont transformer en profondeur notre ville. Tirant sans doute à sa façon les leçons de l’échec de son prédécesseur et de ses annonces fracassantes, le maire a choisi lui l’opacité comme méthode de gestion. Inacceptable !

Quelle rentabilité ?
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Par ailleurs, comment ne pas s’interroger sur l’avenir de ce genre d’établissement à l’heure de l’ « uberisation » et de l’économie circulaire (Airbnb). À n’en pas douter, des entreprises du BTP gagneront beaucoup d’argent avec ce chantier de reconstruction des Mercuriales. Mais après ? Comment ne pas s’interroger sur la rentabilité de ces hôtels. D’autant que dans la catégorie des palaces, si tel est le cas, la concurrence avec Paris sera rude. Et ce n’est pas la taxe de séjour au rabais instaurée par la municipalité, qui va convaincre les plus fortunés de traverser le périphérique !

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Bagnolet en monoactivité ?
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Enfin, est-il sain de se concentrer à Bagnolet sur une seule activité économique ? Plus d’hôtels, c’est aussi moins d’autres activités. Si une de ces tours se vide prochainement de la MSA, l’autre accueille encore des entreprises et des centaines de salariés (dont nombre de Bagnoletais) qui seront délocalisés. Quant aux emplois de ces hôtels, gérés par des grands groupes, ils sont déjà pourvus…

Hommage aux victimes des attentats : dimanche 17 janvier 11h place Nelson Mandela

ATTENTATS DE PARIS, BAMAKO ET TUNIS

Hommage

aux victimes

Dimanche 17 janvier • 11 h à Bagnolet (Place Mandela)

Paris, Bamako, Tunis… Les victimes du terrorisme sont les mêmes, quels que soient le continent, le pays, la ville, la nationalité, la couleur, la religion ou l’absence de religion.

En tuant ici, là-bas, partout dans le monde, la barbarie ne fait pas la différence.

Ces drames des trois capitales, en France, au Mali ou en Tunisie, fin 2015, démontrent que les amalgames, les manipulations de la peur, sur fond de racisme, au lieu de nous protéger du terrorisme, alimentent ses objectifs. Seules la solidarité et la fraternité sont des remparts contre la haine et contre la division que suscitent et exploitent tous les extrémismes.

Dans les attentats de Paris du vendredi 13 novembre, qui ont profondément choqué nos concitoyens, deux Bagnoletais ont perdu la vie. De la même façon, nombre d’entre nous ont craint pour la vie de leurs amis, de leurs proches à Bamako ou à Tunis. Leur inquiétude et leur peine sont aussi les nôtres. Notre résistance doit s’unir à la leur.

Être solidaire, c’est agir ensemble, c’est se mobiliser pour le respect de chacun et faire du bien commun notre objectif.

• c’est faire de l’ONU l’outil des peuples pour battre Daesch et rétablir la paix,

• c’est bien sûr répondre à l’insécurité par la mobilisation des forces de sécurité et de la justice, mais c’est aussi et surtout répondre par plus de République,

• c’est faire vivre en actes une société de liberté, d’égalité et de fraternité pour donner force au rassemblement du peuple dans sa diversité.

Association Paille et grain, Association démocratique des Tunisiens en France,

Association des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, La Ligue des droits de l’homme Bagnolet/Les Lilas,

Le Parti communiste français, section de Bagnolet

Ensemble ne laissons pas la peur, la division, la démagogie prendre le pas sur l’humain, la raison et la fraternité. Faisons du bien vivre ensemble le moyen d’une vie meilleure. 

Ensemble, les cinq organisations à l’initiative de cet événement appellent toute la population, tous les citoyens épris de  paix, tous les groupements, associations, syndicats et partis, à se rassembler le dimanche 17 janvier à 11 heures, place Nelson Mandela pour cet hommage solennel.

Ensemble, nous observerons une minute de silence.

Nous appelons chacun à déposer une fleur au pied de la plaque Nelson Mandela et partagerons le verre de la fraternité.

 

 

Organisations se joignant à l’hommage aux victimes de Paris, Bamako, Tunis le 17 janvier à Bagnolet :

Appel des cent ; Association Républicaine des Anciens Combattants ; Association Locale des Handicapés et Infirmes de

Bagnolet ; Bagnolet Initiatives Citoyennes ; Réseau Éducation Sans Frontière ; Europe Écologie – les Verts ; Parti de Gauche ;

Parti Socialiste ; Les Républicains ; Union des Démocrates et Indépendants ; Parti Radical de Gauche ; Association Malaïka ;

Secours populaire français ; Association de Prévention Inter-Communale ; Dynamique Citoyenne ; Ensemble ; Du Neuf à

Gauche ; Les Amis de l’Huma ; UNSA territoriaux Bagnolet ; CGT Éduc’action Bagnolet ; Association des Musulmans de

Bagnolet ; Haut Conseil des Maliens de France ; Sud Éducation Bagnolet ; SNUIPP-FSU Bagnolet…

Contacts :

bagnolet-leslila@ldh-france.org

pcf.bagnolet@free.fr

hommage aux victimes

Eau et climat, c’est le moment d’agir !

 Le texte préparatoire d’un accord pour la conférence des Nations Unies sur le climat [COP21] a été rendu public. Pour la Coordination eau bien commun France et pour l’initiative Eau, planète et peuples qui regroupent des associations directement concernées par l’eau, la déception domine, car l’eau est la grande absente de ce document.

Or, non seulement les effets les plus sensibles du changement climatique pour les populations se manifestent par l’eau (inondations, sécheresses…) mais les perturbations du cycle de l’eau ont des conséquences directes sur le climat. Par exemple, l’imperméabilisation des sols provoquée par l’urbanisation ou par l’agriculture industrielle favorise l’élévation de la température au niveau régional et la sécheresse.

Considérant l’eau comme un bien commun, nos associations sont activement engagées pour la préservation de la ressource. Elles ont la conviction que l’attention portée ou non au cycle de l’eau conduira à réduire ou à amplifier le changement climatique. C’est ce qui les amène à s’adresser à l’ensemble des acteurs institutionnels impliqués dans la COP21 et aux mouvements sociaux et environnementalistes qui se mobilisent à cette occasion.

Les membres de la Coordination eau bien commun France et d’Eau, planète et peuples lancent un appel pour promouvoir une autre gestion de l’eau, plus respectueuse du cycle naturel de l’eau, plus économe de la ressource.

En ville, cela signifie prendre des mesures pour désimperméabiliser les sols, laisser s’infiltrer l’eau, restaurer une présence importante de l’eau (plans d’eau, fontaines, cours d’eau avec berges naturelles), développer les espaces verts et planter des arbres ;

Cela signifie encore, encourager les économies d’eau potable et développer l’utilisation de l’eau de pluie pour de nombreux usages (nettoyage des voiries, arrosage des espaces verts) ;

Et plus fondamentalement, cela signifie limiter la croissance urbaine.

Pour l’agriculture, cela signifie réduire drastiquement le recours à l’irrigation industrielle et l’utilisation des intrants chimiques, développer et promouvoir les pratiques d’agroécologie et d’agroforesterie respectueuses des sols, de la biodiversité et du bien être animal et humain, et soutenir les agricultures familiales et paysannes.

Pour l’énergie, cela signifie renoncer à l’exploitation des gaz de schistes et au nucléaire qui modifient de façon importante les masses d’eau, en les polluant dans un cas et en les polluant et les réchauffant dans l’autre.

Considérer l’eau comme un bien commun impose sa gestion publique et une participation reconnue des citoyen-nes, qui aille de leur consultation sur toutes les grandes décisions jusqu’à leur place au quotidien.

Enfin au niveau global, l’arrêt de la déforestation doit être une priorité absolue, en raison du rôle irremplaçable de la forêt pour rafraîchir l’atmosphère et l’humidifier, pour maintenir les sols et les renouveler.

Pour que ce programme voie le jour, il faut que les enjeux liés à la ressource eau soient pleinement intégrés à tous les domaines de l’action politique et à tous les niveaux institutionnels, du local à l’international, en commençant par la prochaine COP21.

Il faut faire davantage d’efforts pour assurer une meilleure cohérence entre le secteur de l’eau et les autres domaines de l’action publique, en particulier l’aménagement urbain, l’agriculture et l’énergie.

La restauration du cycle de l’eau doit avoir un porte-parole, comme l’est le GIEC pour le changement climatique.

Travaillons ensemble à la constitution d’un nouveau col-lectif international d’experts scientifiques, de citoyen-nes et de représentant-es politiques.

Les responsables politiques portent la lourde responsabilité de l’adoption d’un cadre international.

Nous, jeunes, citoyen-nes, associations, collectivités pouvons agir à notre niveau pour rendre l’eau à la terre et restaurer le climat. Relevons ce défi en agissant dès maintenant !

www.coordination-eau.fr 

5 rue de la Révolution.

93100 Montreuil

09 82 31 73 84coordination@eau-iledefrance.fr

France Libertés

5 rue Blanche. 75009 Paris

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déclaration eau et climat

PLU : jusqu’au 14 octobre pour donner votre avis

La consultation publique sur la modification du plan local d’urbanisme se déroule en ce moment (jusqu’au 14 octobre).

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la consultation publique sur la modification du plan local d’urbanisme se déroule en ce moment (jusqu’au 14 octobre). Je vous invite à y participer: cela concerne directement votre ville et votre quartier!  Vous pouvez voir les différents documents sur le site de la ville:

http://www.ville-bagnolet.fr/index.php/lire-actualite/items/projet-de-modification-simplifiee-n1-du-plan-local-durbanisme-plu-1052.html

> Pour donner votre avis, c’est très simple, il suffit d’envoyer un mail à enquete.publique@ville-bagnolet.fr

> Vous trouverez ci-dessous, pour votre information, l’avis que je viens d’envoyer.

: cela concerne directement votre ville et votre quartier!  Vous pouvez voir les différents documents sur le site de la ville:

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Pour donner votre avis, c’est très simple, il suffit d’envoyer un mail à enquete.publique@ville-bagnolet.fr

Solidarité avec les réfugiés : un voeu des élus du BIC voté à l’unanimité

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Au conseil municipal du 10 septembre, le groupe des élus du BIC a proposé le voeu suivant sur la solidarité avec les réfugiés, qui a fait l’objet d’amendements avec le groupe de la majorité municipale et le groupe Front de Gauche et citoyens.

Pour aboutir au texte suivant :

 

Compte rendu  CM du 10 septembre 2015 5

Regard critique sur le discours « La crise du logement ! »

Voici un article puissant extrait du site Métropolitiques.eu

« C’est la crise ! » Ce signifiant circule puissamment ; il est même répété à l’envie et a souvent une portée générale. Dans cet article, Arnaud Simon défend la thèse que « la crise du logement ! » en est un avatar exemplaire. Il pointe les caractéristiques inconscientes de ce discours et mentionne des pistes interprétatives.

De 1984 à 2011, le parc immobilier croît de 36 %, le parc social de 58 % [1], la population seulement de 15 %. Le taux de propriétaires passe de 52 % à 58 %. Aujourd’hui, sept propriétaires sur dix ne remboursent plus de prêts [2]. Au cours des années 2000, la surface moyenne des maisons passe de 97 à 102 m², la surface des appartements reste constante et le nombre de personnes par logement passe de 2,5 à 2,35 [3]. Sur cette même période, pour les locataires restant en place, le loyer n’augmente que de 1,8 % par an [4]. Nous ne rentrerons pas plus avant dans l’analyse de ces chiffres, ils sont assez parlants : l’idée d’une crise du logement n’est pas fondée.

Incohérences et fonction du discours sur « la crise du logement ! »

Mais alors pourquoi cette croyance existe-t-elle ? Regardons ce qu’indique la fondation Emmaüs (2013, p. 239) quand elle tente de définir ce qu’est le mal-logement. Différentes rubriques sont élaborées, les deux plus importantes étant la privation de confort (2,1 millions de personnes) et le surpeuplement (4 millions de personnes). Ces situations concernent 10 % de la population française et représentent un enjeu majeur de politique publique. Précisons ici explicitement que, aussi pénibles et éprouvantes soient ces situations, elles ne sont pas le sujet du présent article. Son sujet est de comprendre pourquoi le slogan de « la crise du logement ! » a une portée si générale. Car, hormis les situations recensées par la fondation Emmaüs, les Français sont plutôt bien logés, et dans des situations patrimoniales très confortables pour 41 % d’entre eux [5] (INSEE 2012, p. 273). Comment se fait-il que ce malaise perdure ? Les situations de misère, non systématiques comme l’indique Jean-Pierre Lévy et al. (2012), ne peuvent certainement pas à elles seules suffire pour expliquer la force de cette croyance ; l’empathie et la compassion culpabilisées non plus.

Dans ce discours sur « la crise du logement ! » est convoquée principalement une observation, un unique chiffre, absolu, qui a pour effet très notable d’occulter les autres éléments statistiques. On ne voit plus que lui quand il arrive, il est l’objet du scandale : les prix immobiliers ont crû depuis 1996 de 158 % [6]. Nommons les trois facteurs principaux qui à notre sens expliquent ce mouvement : l’augmentation de l’espérance de vie, la baisse régulière des taux depuis 1990, mais surtout la décision des « baby-boomers » de mettre en œuvre une stratégie du : « Je deviens propriétaire à tout prix, au cas où ma retraite ne serait plus assurée, pour ainsi, au moins, ne plus avoir de loyer ni de prêt à payer à ce moment-là » [7]. Et sur ce dernier point, la mission est accomplie pour 41 % des français (INSEE 2012, p.273).

Quelles en sont les conséquences économiques ? Essentiellement, la fermeture de l’accession à la propriété aux jeunes générations, sauf à avoir un appui familial (Yates 2011). Un clivage générationnel, insistons-y. Formulons alors l’hypothèse que l’une des fonctions politiques du discours sur « la crise du logement ! » serait d’empêcher de poser le problème en termes d’égalité générationnelle. Les deux éléments discursifs qui manifesteraient cette résistance seraient :

  • la réduction trop systématique du débat aux problèmes, réels mais partiels, du mal‑logement ;
  • l’ignorance des statistiques immobilières autres que le prix du mètre carré, car il faut bien constater qu’un certain obscurantisme règne dans ce domaine.

Occultation, réduction, obscurantisme… On n’y voit décidément pas très clair alors que, simultanément, beaucoup de rhétoriques sont bruyantes et tout à fait univoques. En effet, l’idée qu’il pourrait ne pas y avoir de crise du logement est rarement défendue, il n’y aurait aucun doute ; curieuse chose qu’une crise sans fin comme le pointe Myriam Revault d’Allonnes (2012). Notons, de plus, que le concept de crise ne possède pas de définition (Roux-Dufort et Lalonde 2013). Voilà bien des éléments qui ont un air d’inconscient.

Un air d’inconscient

a. Un caractère généralisé

Alors même que pour beaucoup de particuliers leur situation immobilière est tout à fait convenable, ceux-ci vont porter, vont interpréter – comme on le dit des acteurs (Freud 1921) – le discours de « la crise du logement ! ». Un locataire considérera que s’il n’est pas propriétaire, c’est à cause de « la crise ! ». Un propriétaire considérera que si son bien n’est pas assez grand, c’est à cause de « la crise ! », pris dans une illusion biographique (Bourdieu 1986). Ainsi, bien que la pénibilité des conditions de vie soit loin d’être universelle, cela est néanmoins vécu comme systématique et universelle.

b. Un caractère indubitable

Tout se passe comme s’il n’y avait pas le moindre doute. Sur un thème important et sensible comme le logement, on est en droit d’attendre des réflexions détaillées, contradictoires, précises et argumentées, et il s’en produit effectivement. Mais une constante de ces réflexions est qu’elles ne remettent en général pas en doute la possibilité d’une crise du logement. Si elles peuvent avoir sur d’autres points des oppositions et des contradictions, profondes et légitimes (Burckel 2014 ; Mouillart 2007 ; Fijalkow 2013), pour autant à propos du signifiant « la crise du logement ! », rien ne va contre et le chœur est souvent à l’unisson. Or, dans une situation où il n’y a pas en moyenne sept habitants par logement, la question peut se poser, elle n’a rien d’incongrue. Mais ce n’est pas le cas : la rationalité objective semble comme ignorer cette possibilité.

c. Un caractère investi et de manque

Il ne s’agit pas d’un sujet indifférent. L’investissement de la question est grand. Il peut échauffer les esprits, il concerne, il attire l’attention. « On manque de logement » est la présentation la plus habituelle de ce que serait la crise :

  • « Il manque un million de logements » (La Croix, le 28 août 2014) ;
  • « Logement : la grande pénurie » (L’Expansion, le 8 octobre 2010) ;
  • « Logement : les lois se succèdent et la pénurie continue » (Capital, le 26 mars 2014).

On pourrait même dire que la plainte se présente sous une forme encore plus indéterminée : « On m’en prive » [8]. Son caractère inconscient semble croître avec l’implication subjective ; il semble en aller comme dans le texte, « On bat un enfant » (Freud 1919).

d. Un caractère bâtonnier

Le slogan « la crise du logement ! » est un discours qui tend à se focaliser sur une seule donnée, le prix.

  • « Pourquoi le logement est-il trop cher ? » (La Dépêche, le 5 mai 2010) ;
  • « L’immobilier reste trop cher pour les jeunes » (Le Figaro, le 14 octobre 2007).

S’il évoque d’autres éléments, ceux-ci n’ont souvent qu’un rôle complémentaire. Il semble y exister un trait unaire, un indicateur principal : l’indicateur par lequel on est flagellé. La jouissance par l’indicateur unique est sans doute l’un des facteurs les plus importants qui explique cette tendance à la réduction du discours. Que l’on sache bien au moins par quoi l’on est battu, à défaut de qui (Freud 1919).

e. Un caractère insaisissable

En première impression, la revendication de crise semble claire : « On manque de logement, le prix est trop cher ». Mais lorsque l’on commence à analyser économiquement cette revendication, certains éléments semblent disparaître. La revendication s’informule, la cause en devient inconnue et l’objet insaisissable. L’exercice de pensée produit une déception : le furet semble comme fuir sous la torche de la rationalité. Un tel phénomène est remarquable. Il est assez fréquent lorsqu’il s’agit de traiter de sujets économiques « sensibles ». Il constitue bien souvent une signature fiable, une indication pertinente qu’un élément inconscient est à l’œuvre.

f. Un caractère empathique

Dans ce discours, qui pourrait tout à fait être individuel et où chacun serait centré sur lui-même, on trouve presque toujours la mention d’autres qui seraient, ou qui sont, dans des situations bien pires. Mais cette altérité n’a rien d’un altruisme, elle a une fonction bien précise. Puisque la situation immobilière est acceptable pour beaucoup, leur plainte est donc fragile, délicate à soutenir. Il importe donc de pouvoir l’argumenter un minimum pour tenter de l’établir, de la faire apparaître comme légitime. Les 10 % de la misère sont alors très utiles. Ils peuvent se penser avec le schéma L de Lacan (1955) et le mécanisme de l’identification hystérique de Freud (1921). L’exercice de rationalisation est en quelque sorte a posteriori de la plainte ; la plainte préexiste à son objet. Tout se passe comme si la plainte, fondée, des 10 % était réinterprétée par les 90 %.

g. Un caractère langagier et de demande

Le dire du slogan « la crise du logement ! » semble beaucoup plus important que le logement lui-même. Cette crise se déroule dans le langage. Mais cette parole est très particulière : elle comporte des éléments d’occultation et de réduction, elle se fait dans un certain obscurantisme. De plus, elle est tout à fait véhémente :

  • « Crise du logement : toujours pire ! » (Marianne, le 11 mai 2010) ;
  • « Crise du logement : le combat sans fin » (Les Échos, le 29 janvier 2014) ;
  • « La France en face : le scandale du logement » (France 3, le 20 janvier 2014).

Notons également que la forme de cette demande, c’est la plainte, la revendication.

h. Un caractère générationnel

Dans l’optique d’une analyse des cycles de vie, poser la question du logement en termes d’égalité générationnelle ne semble pas illégitime (Yates 2011). Il est aussi utile de rappeler qu’il existe une idée bien curieuse, qui circule depuis une dizaine d’années, et qui affirme que : « Les enfants vivront moins bien que leurs parents, que pour eux la vie sera plus dure ». Comment peut-on en être si sûr ? La fonction de cette phrase ne serait-elle pas plutôt de mettre en œuvre cette situation ? De la faire accepter, tout en la déplorant ? Quelque chose de difficile, en rapport avec la filiation, ne se jouerait-il pas à l’occasion du discours sur « la crise du logement ! » ?

Perspectives interprétatives

Ces différents caractères renvoient à des concepts freudiens ou lacaniens bien identifiés (l’Autre, la fixation, la répétition, l’investissement, le triplet privation-frustration-castration, l’angoisse…). Ils laissent penser qu’une interprétation psychanalytique est pertinente et utile. Lorsque l’on approfondit la question, le thème du malaise arrive rapidement : « la crise ! » serait la modernité du malaise dans la culture (Freud 1929). L’identification hystérique aux personnes dépourvues y agit et la fustigation s’y manifeste en faisant du chiffre économique l’instrument d’une raclée désirée (Freud 1919). Enfin, la question de filiation semble s’y rattacher. La mise en place et l’organisation d’une inégalité générationnelle s’y conjoint.

En résumé, le discours du « la crise ! » et les 10 % de la population qui subissent la misère, subjectivement, fournissent un symptôme prêt-à-porter, socialement, permettent la dissimulation d’une inégalité intergénérationnelle, économiquement, justifient des subventionnements.

Bibliographie

  • Bourdieu, P. 1986. « L’illusion biographique », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 62‑63, p. 69‑72.
  • Burckel, D. 2014. « Logement : pourquoi et comment faut-il relancer la construction ? », L’Observateur de l’immobilier, n° 89, p. 14‑20.
  • Fijalkow, Y. 2013. « La “crise du logement” n’est pas (seulement) celle qu’on croit », Métropolitiques, 17 juin.
  • Fondation Emmaüs. 2013. L’État du mal-logement en France. 18e rapport annuel, Paris : Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.
  • Freud, S. 2011 [1919]. « Un enfant est battu », in Du masochisme, Paris : Payot et Rivages.
  • Freud, S. 2011 [1921]. Psychologie des foules et analyse du Moi, Paris : Payot et Rivages.
  • Freud, S. 2015 [1929]. Le Malaise dans la culture, Paris : Presses universitaires de France.
  • INSEE. 2012. « Comptes du logement 2011 », RéférenceS, Paris : Commissariat général au développement durable.
  • Lacan, J. 1955. « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », in Écrits, Paris : Éditions du Seuil.
  • Lévy, J.-P., Bourdeau-Lepage, L. et Roudil, N. 2012. « Une solution à la crise du logement : ouvrir le parc privé au secteur social », Métropolitiques, 21 décembre.
  • Mouillart, M. 2007. « Des besoins durablement élevés », Constructif, n° 18.
  • Revault d’Allonnes, M. 2012. La Crise sans fin, Paris : Seuil.
  • Roux-Dufort, C. et Lalonde, C. 2013. « Editorial : Exploring the Theoretical Foundations of Crisis Management », Journal of Contingencies and Crisis Management, vol. 21, n°. 1, p. 1‑3.
  • Yates, J. 2011, « Cyclical Versus Structural Sustainability of Homeownership : Is Counter-Cyclical Intervention in Housing Markets Enough ? », Housing Studies, vol. 26, n° 7‑8, p. 1059‑1080.

En savoir plus

Notes

[1] INSEE 2012, p. 273.

[2] Op. cit., p. 39.

[3] Op. cit., p. 45.

[4] Op. cit., p. 45.

[5] En l’occurrence, il s’agit des propriétaires n’ayant plus d’emprunt.

[6] Indice INSEE–Notaires, France entière.

[7] Cette phrase est la formulation explicite d’une idée assez commune. Elle pourrait être obtenue assez facilement lors d’entretiens individuels, dans le cadre de la gestion de patrimoine, par exemple – la locution « à tout prix » exceptée.

[8] Lacan distingue trois formes de manque : frustration (manque d’un objet réel), privation (manque d’un objet symbolique), castration (manque d’un objet imaginaire). Le « On m’en prive » renvoie à la seconde. On peut se reporter, par exemple, à la séance du 12 décembre 1956, séminaire 4, « La relation d’objet », Paris : Seuil.