Ilôt Blanqui : Sandrine Soppo-Priso explique le vote contre

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Le projet Blanqui tel que présenté au conseil municipal du 25 juin, soulève 3 enjeux  mal appréhendés, selon Sandrine Soppo-Priso, conseillère municipale du BIC : la question de la densité, la question de la Bergerie des Malassis et la question du logement social.

 

La question de la densité

Conscients que la densification est un moyen de lutter contre l’étalement urbain et de préserver les terre agricoles à l’échelle de la région IdF, et qu’elle permet de répondre, en partie, à la crise du logement, néanmoins nous ne perdons pas de vue la nécessité d’aborder cette question dans toute sa complexité.

Premièrement, nous pensons que la densification ne doit pas se faire au détriment d’une ville, d’un quartier ou d’une population en particulier mais qu’elle doit être répartie et pensée aux différentes échelles. Il ne s’agit pas seulement d’une injonction régionale mais d’une dynamique de transformation des territoires et des modes d’aménager, face à laquelle les communes, leurs magistrats, sont en première ligne et les décideurs ultimes.

Deuxièmement, cette densification ne peut se faire uniformément et doit prendre en compte les potentiels propres à chaque ville, à chaque quartier. Enfin, chaque occasion de construire, de bâtir, d’aménager, doit répondre à une vision politique dans une approche qualitative plutôt que quantitative. La densification doit-être outil d’amélioration du cadre de vie. En ce sens elle ne peut se faire sans les habitants.

 Vous comprendrez donc, en toute cohérence avec le discours que nous tenons depuis maintenant deux ans et la position de notre tête de liste, Mireille Ferri que vous citez régulièrement à ce sujet, M. le Maire, que nous ne pouvons pas nous satisfaire du projet Blanqui tel qu’il présenté aujourd’hui. Le fait d’assurer le maintien et la reconstruction d’équipements publics est un minimum dont une institution publique ne peut se prévaloir. La triste réalité de ce projet, est de réduire à peau de chagrin la plus grande qualité de ce quartier: la générosité de ses espaces paysagers.  Les habitants des Malassis ne méritent-ils pas que l’on respecte le peu de qualité dont ils disposent?

La question de la Bergerie des Malassis

e plus, nous nous interrogeons dans la façon dont ce projet d’aménagement prend en compte de l’expérience inédite de la Bergerie.  Si les habitants ont été favorables à son déplacement, c’est tout de même bien le signe d’une volonté unanime qu’elle poursuive son activité au Malassis, à Bagnolet.

Dès lors, les modalités d’aménagement sont-elles à la hauteur de l’enjeu d’accompagner l’intégration de la bergerie dans une nouvelle opération urbaine? Une expérience aussi spécifique n’appelle-t-elle pas une méthode innovante, réellement inclusive et à l’écoute de besoin tout à fait inédits? L’intégration de la Bergerie devrait être en soit une occasion pour innover et renouveler les méthodes d’urbanisation. En prenez-ola mesure Mr le maire?… Quels sont les échanges entre les aménageurs et l’association Sors de terre qui gère la bergerie au quotidien? Comment les conditions nécessaires à son développement, sont-elles été traduites dans les plans, dans le phasage, dans tous les aspects opérationnels de cet aménagement?

Le Bic reconnait l’utilité publique du travail de la Bergerie au Malassis. Vecteur d’échanges, d’éducation, de cohésion sociale, cette expérience est aujourd’hui reconnue comme une initiative innovante dans le secteur de l’aménagement, comme en témoigne l’intérêt des bailleurs tel que Paris Habitat ou I3F, pour développer de mêmes initiatives ailleurs dans Paris et en 1ère couronne.

Ainsi, afin de limiter les impacts sur la Bergerie des Malassis, de garantir la pérennité de son action auprès des enfants et des habitants de Bagnolet, nous vous demandons, Mr le maire, de mettre en place un atelier spécifique de réflexion en lien avec Sors de Terre, les associations, les habitants, la maitrise d’œuvre et de maitrise d’ouvrage de ce projet urbain.

 La question du logement social.

En outre et pour finir, il est évoqué un pourcentage de 36% de logements sociaux. Nous partageons avec vous, la nécessité de produire du logement social ainsi que de ré-équilibrer la répartition entre les quartiers » Or, dans le quartier des Malassis, le taux de logement sociaux est d’ores et déjà surreprésenté. Ainsi, dans les faits, nous soulignons une incohérence avec votre discours. Pourriez-vous préciser ce point au regard de la stratégie de rééquilibrage, défendue en réunion publique?

Pour ces raisons, nous ne voterons donc pas ces délibérations et proposons de repousser le vote au dernier trimestre 2015, le temps peut-être, de coordonner et d’intégrer ces 3 enjeux essentiels pour la réussite de l’aménagement de l’ilot Blanqui.