Les rythmes scolaires : un mauvais point pour la municipalité

Lors du dernier conseil municipal, le jeudi 25 juin, Jean-Claude Oliva, conseille municipal a fait cette déclaration au nom du BIC. Le point à l’ordre du jour concernait le projet éducatif territorial. Jean-Claude Oliva explique les raisons de l’abstention des conseillers municipaux du BIC lors du vote de ce projet.

 

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« Je voudrais tout d’abord exprimer notre satisfaction de voir pour la première fois la question de l’école mise à l’ordre du jour du conseil municipal. Cela m’évitera des interventions intempestives !

Pour la première fois

– Le projet éducatif territorial est l’aboutissement d’une concertation relative avec les acteurs de l’école. Concertation relative car la méthode retenue qui a consisté à séparer dès le départ le débat sur le fond (les contenus) du débat sur l’organisation (les horaires) ne semble pas très pertinente tant le lien est fort entre les projets et les conditions de leur réalisation. Des parents l’ont dit mais ils n’ont pas été entendus. C’est bien dommage car une véritable participation consiste à définir au préalable des règles communes entre tous les acteurs.

Une concertation relative

– Concertation relative, car tous les scénarios exprimés par les participants pour les horaires en élémentaire n’ont pas été soumis au vote des conseils d’école. Seuls deux scénarios ont été soumis au vote, les deux proposés au départ par la municipalité : 2 fois 1h30 ou 1 fois 3h. Deux autres scénarios (3 fois 1h et 4 fois 1h) proposés par des parents de Ferry (qui ont d’ailleurs retenu la majorité des voix dans cette école) n’ont pas été soumis au vote de tous les conseils d’école. Les instituteurs de l’école élémentaire Jaurès ont également exprimé leur préférence pour continuer au rythme actuel avec la fin de l’école à 15h45 car ils ont remarqué que l’attention des enfants est bonne jusqu’à cette heure là et que les journées plus courtes sont bénéfiques aux enfants. Cela permet de relativiser l’affirmation selon laquelle « la municipalité a suivi les avis des conseils d’école ».

Il manque …des verres et des cuillères

– Dans notre commune, l’école connaît de grandes difficultés, elle est en déshérence du fait de l’insuffisance des postes d’enseignants et du nombre d’enseignants fournis par l’éducation nationale. Selon les syndicats enseignants, il manque 1700 postes et 800 enseignants pour les postes existants dans notre département. Cela se traduit en semaines d’écoles en moins pour les enfants par rapport à d’autres départements comme Paris. Elle est en déshérence aussi du fait de la vétusté des locaux et du manque criant de moyens de fonctionnement dans notre ville. Malheureusement ces problèmes ne sont toujours pas dépassés : le dernier conseil de l’école élémentaire Jaurès note le manque de verres et de cuillères à la cantine, des problèmes récurrents de transport qui conduisent à l’annulation des sorties, et des réparations ou des remplacements de matériel qui ne se font pas ou tardivement.

– Cette situation exigerait une mobilisation de tous : parents, enseignants, municipalité, un élan pour un projet commun. Une consultation dynamique qui fasse émerger de nouvelles idées, qui s’enrichisse des avis de tous, sans exclusion a priori, bref une véritable participation ouverte aurait sans doute permis cela. Là, on obtient un consentement sans conviction des conseils d’école. Je ne peux que regretter l’occasion ratée.

– J’en viens au projet lui-même : rien de scandaleux en soi. Pour la maternelle, les objectifs des activités proposées sont :

 -favoriser l’émergence de la citoyenneté

– développer progressivement l’autonomie du jeune enfant

– favoriser la créativité et l’imagination

– favoriser sa socialisation tout en stimulant sa curiosité

– favoriser la participation et l’implication de l’enfant dans le groupe

– développer les échanges intergénérationnels

– veiller à respecter le développement physique, affectif, social et intellectuel de l’enfant

– offrir des choix d’activités différentes

Les domaines d’activité retenus sont :

–  Activités manuelles autour d’une exposition et d’un vernissage; fabrication de nouveaux jeux de société ; création de marionnettes et mise en scène; fabrication d’instruments de musique; modelage; jardinage

Activités artistiques et culturelles : travail autour du livre; du chant; de la danse

Activités sportives autour de la motricité

Activités diverses : prévention routière; prévention des risques domestiques; autour du jeu : chasse aux trésors; courses d’orientation

Quelle différence avec l’école maternelle elle-même ? Il n’y a aucune complémentarité, c’est une reproduction à l’identique. La seule différence, c’est la personne qui mène ces activités. Dans le cas de l’école maternelle, c’est une personne qualifiée, institutrice ou instituteur. Dans le cas des activités périscolaires, au mieux, on ne sait pas.

Des subventions très insuffisantes

Pour l’élémentaire, il y a davantage de complémentarité. Hormis les activités sportives, les autres activités proposées ne font pas ou plus partie des activités scolaires stricto sensu.

– Au-delà des bonnes intentions du projet se pose la question de sa concrétisation.

Le diagnostic des ressources et des besoins indique :

« -Coût financier élevé du projet

– Subventions de l’Etat et Caf très insuffisantes pour couvrir le coût du projet »

De quels moyens, disposez-vous réellement pour mettre en œuvre ce projet ? Ou dit autrement : que pourrez-vous faire réellement avec les moyens que vous avez ?

Dans les écoles élémentaires, 65 projets ont été déposés par des associations et environ 50 retenus par la municipalité. Ce qui est un nombre très insuffisant : cela correspond à la moitié de ce qu’il faudrait. Donc faute de combattants, le projet d’activités ne va concerner que la moitié de l’horaire indiqué en primaire : 1h30 pour des activités périscolaires et 1h30 de centre de loisirs.

Enfin, dernière et grande question, où en sommes-nous du recrutement des animateurs et de leur formation ?

Manque de ressources et de ressorts

– Conclusion : le projet n’est pas à la hauteur des enjeux et des besoins. Je ne dis pas que la faute en revient à la municipalité. Mais plutôt que dans un contexte difficile, la municipalité n’a pas su trouver les ressources et les ressorts pour la construction d’un véritable projet éducatif territorial. C’est dommage. Cela nous conduit à nous abstenir. »

Dans sa réponse, le maire a indiqué que 25 animateurs bénéficieront d’une formation aux vacances de la Toussaint et que les autres seront formés tout au long de l’année. 

 

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