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FONDERIE LANDOWSKI, SUITE…

Le permis de construire, accordé à Bagnolet le 23 octobre 2014 sur le site de la fonderie Landowski, avenue Gambetta, par l’actuelle municipalité, (évoqué dans l’article du 20 novembre 2014 – en lien ci-dessous), a fait l’objet de quatre recours gracieux : deux recours portés par les riverains et deux recours par les associations Bagnolet en vert et Bagnolet Patrimoine. Hormis les requêtes de Bagnolet en vert concernant la conservation de certains éléments de patrimoine de la fonderie, les éléments de contestation des trois autres recours n’ont pu aboutir favorablement. Rentrons dans le détail…

Certains éléments de contestation concernent la qualité de vie du voisinage (ensoleillement, obstruction des vues…, vis-à-vis…, etc.). D’autres éléments relèvent de l’intérêt commun, de la qualité du patrimoine paysager bâti de la ville.

Insistons sur ce point :

pour le quartier de la Dhuys, le PADD (Projet d’aménagement et de développement durable, issu du Plan local d‘urbanisme) préconise une densification « en cohérence avec un certain nombre d’immeubles résidentiels de qualité », il souligne aussi que « l’enjeu consiste à faire bénéficier Bagnolet de la valorisation de ce quartier, en renforçant les liaisons et perméabilités. » C’est en ce sens que l’îlot de la rue Danton n’est pas intégré au secteur du centre-ville mais à celui de la Dhuys, contrairement à tout le reste de l’avenue Gambetta.

Une entrée de quartier : tout sauf anodin…

Comme l’illustre ce schéma ci-dessous, le choix de faire respecter les hauteurs et les gabarits propres à l’identité de la Dhuys sur ce seul et unique ilot en frange avec l’avenue Gambetta n’est pas anodin : Aujourd’hui, cet îlot fait office « de liaison et de perméabilité » et constitue une transition paysagère entre le centre-ville et le quartier de la Dhuys.

Quartier de la DHuys

Ce petit segment de l’avenue Gambetta fonctionne « urbainement » comme une entrée de quartier et c’est pour cette raison que ce permis de construire ne peut être accordé en l’état. L’usage de la dérogation (accordée par la ville) – permettant de passer de 13 m à 19 m de hauteur de façade, soit 2 étages de plus, cinq au total – est ici particulièrement abusif car la possibilité de construire beaucoup plus haut est autorisée par le PLU sur tout le long de l’avenue sauf ici, précisément.

photomontage Landowski

 

Une approche très superficielle

Ce cas particulier est emblématique d’une approche très superficielle et globale des questions architecturales et urbaines, induite par deux facteurs :

  • Premièrement les mécanismes de la construction procèdent par automatisme, sans prendre le temps de contextualiser véritablement le projet. Mais peut-on vraiment attendre d’un promoteur, dont l’objectif est de boucler son opération, d’établir une transition douce entre les typologies bâties, de se poser la question du lien entre les quartiers… ? C’est là le rôle de la municipalité. Réintroduire la question du contexte dans chaque projet qui se construit à Bagnolet. Les tissus urbains y sont très disparates et requiert une lecture fine, du quartier à l’îlot et à la parcelle. Le souci de transition, de cohérence et l’exigence d’articulation des échelles, devraient figurer au premier plan des enjeux d’une municipalité qui prône ouvertement la densification de la ville.
  • Et c’est là le deuxième facteur de l’approche superficielle et globale de cette question. L’appréhension de la densité est comprise à l’échelle régionale, en référence au SDRIF (Schéma directeur régional d’Ile-de-France). Il y a en effet une injonction de la Région à préserver les dernières terres agricoles en Ile-de-France, à limiter l’étalement urbain et à résorber la crise du logement…, et donc à concentrer les constructions vers le cœur de la métropole. Mais une politique régionale peut-elle s’appliquer sans adaptation à l’échelle locale des communes ? Chaque ville a ses qualités, ses problématiques urbaines et doit en ce sens réinterpréter cette question de densification à son niveau. La révision du PLU, à laquelle la municipalité vient de renoncer, aurait était l’occasion d’étudier la capacité de chaque tissu urbain à générer son propre potentiel de densification.

Or en refusant de mener la révision du PLU et en accélérant le rythme des constructions dans Bagnolet, la ville est réduite à une dimension quantitative notamment foncière fort dommageable pour notre espace commun.

 

 

Article précédent sur la fonderie Landowski :

http://www.bagnolet-initiatives-citoyennes.org/modification-du-plu-urgence-fonderie-landowski/