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Un courrier d’architecte bagnoletais…

Un architecte citoyen prend la parole sur le blog du BIC, suite à la réunion sur les projets SERAP, organisée par la municipalité…

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« Architecte de profession et habitant de Bagnolet, j’ai assisté aujourd’hui avec une réelle curiosité a la présentation des nouveaux projets de la Serap, un site que je pratique au quotidien.  C’est donc avec une certaine armertume et beaucoup de réserve que je prend pour une fois ma liberté de parole.  J’ai donc assisté ce soir à une présentation que Rudy Riccioti, aurait pu appeler une séance d’enfumage.  Je connais la puissance des images pour les avoir utilisėes a maintes reprises et je ne remet pas en doute les idées, les solutions architecturales qui pour la plupart apportent des réponses cohérentes à une problématique donnée. L’enjeu est ailleurs. L’enjeu est dans le programme et l’erreur pour la mairie de ne pas en prendre conscience. La municipalité précédente a porté le poids de nouvelle mairie, celle ci aura t’elle le courage d’assumer la Serap?

Si ce projet répond à des enjeux économiques pour une mairie endettée comme la notre, je reste perplexe quand au enjeux stratégiques… Les « jolies images » présentées lors de la réunion feront elles le poids face à des problématiques urbaines et humaines du pole Gallieni ? Il faut peut être parfois renoncer à ce qui n’est qu’un miroir aux alouettes pour mieux rebondir et trouver les solutions innovantes, espérer construire pour l’avenir et pour l’homme.

C’est évidement flatteur de voir ces perspectives aux balcons fleuris, ces toitures végétales. S’entendre dire que « Coffim est très préoccupé par la survie des abeilles… » C’est une jolie réponse efficace et inatacable que l’idée de la percée visuelle…. J’ai proposé dix fois ces solutions pour séduire des clients dans ma carrière et j’avoue que ça marche. Mais voyons les choses en face et qu’avons nous en face du balcon, Bel Est aux façades opaques et grisonnantes. Nous avons des piles, poteaux et poutres de l’autoroute et l’échangeur en lui même, une sortie de métro peu visible et à peine compréhensible, inadaptées aux pmr et aux poussettes, un amas de bus, quelques dizaines de vendeurs à la sauvette. De l.autre côté 2 autolibs survivent, l’accès au parc est ilnvisible, presque oublié.  N’y at’il pas une autre réponses à apporter que ce décor végétal qui nous est proposé. Qui viendra habiter la? Qui se donnera le mal de planter son balcon de façon aussi foisonnante, avec vue sur le bouchon du vendredi soir. Quelle plante résistera aux odeurs de gasoil et a quel prix?. Soyons réalistes. Qu offre t’on vraiment qualitativement aux futurs habitants. Je citerais simplement le maire de Vitry qui dernièrement s’opposait à la construction de tours de logements sur sa commune, pour en avoir trop vu, trop connu. Économiquement sur le long terme, c’est souvent un casse tête de copropriété, casse tête financier, casse tête d’entretien. Plus personne en proche banlieue ne veux refaire les erreurs du passé. Que nous propose t’on ici. Des tours de logements qui se vendraient à Monaco ou à Dubaï. Comment seraient-elles  viable en terme en maintenance, en terme de coût de construction. A t’on réellement sur ce site les moyens de faire une architecture pérenne et de qualité. Quel sera le prix au m2 investi dans la construction. Quel seront à moyen terme les coûts d’entretien quand aujourd’hui on planifie la durée de vie d’un bâtiment a quelque dizaine d’annee.

A la serap Avons nous une cohérence urbaine, un projet urbain, une vision globale.
Quels sont les enjeux, quelles sont les solutions? Des recherches, des projets ont été fait, par dizaines tant ce lieu est emblématique. La nouvelle municipalité na t’elle pas eu la curiosité d’aller les chercher dans les archives des agences d’urbanisme ou dans les écoles d’archi?
Parlons enfin de la capsulerie, soigneusement réencapsulee, alors qu’il faut ouvrir la capsulerie sur Gallieni, la faire respirer, la rendre visible. Est ce vraiment la meilleure réponse aux problèmes que de les cacher derrière une jolie façade. Évidement, ces projets ne résoudront rien. On crée sur ce site encore plus de densité, pour ne pas dire promiscuité qu’il en existe déjà. Nous rassurer en nous promettant des parking sécurisés est la cerise sur le gâteau. Pourquoi pas un service de sécurité, des gardes et barrières aux entrées d’immeubles. Bagnolet ou Bogotá?
Au final j’ai peur qu’on nous offre encore plus de popérisation sur un lieu relativement exigu. Attend on vraiment sur ce site une réelle mixité sociale et programmatique? Je suis désolé d’écrire ce texte quand tant de travail de confrère a été fournis, je connais trop bien la situation parfois précaire de la construction aujourd’hui. J’ai malheureusement, le sentiment d’une perte de temps et d’une perte d’argent. Je pense que ce projet sera compliqué à monter, mal engagé, mal ficelé, hérité d’une conception passéiste, peu porteur de richesses au sens large, dont la pérennité au sens qualitatif ne me paraît pas assurée. J’ai peur que ce projet soit une fois de plus le théâtre de querelles de village car Bagnolet est un village, j’ai peur qu’une fois encore tout cela ne finisse par une décrédibilisation du pouvoir politique, dont on attendait un renouveau. Quid des équipent publics, dont les habitants ont besoin?
Je suis venu voir des projets d’architecture mais finalement j’aurais préféré qu’on me présente un nouveau projet urbain, une vision d’avenir. »

Béton : Bagnolet prend la corde… 

Deux réunions importantes en matière d’urbanisme, c’est à dire en matière de  cadre de vie, de ce qu’est notre ville, se tiennent les 1 et 2 avril.

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Nous ne nous suffirons pas de cette démocratie-mascarade qui nous ferait avaler tous les projet déjà ficelés d’une majorité municipale qui signe les permis de construire et avalise des projets de promoteur, qu’elle voudrait ensuite présenter à la population pour lui faire croire que tout est encore possible… Mercredi et jeudi,  ensemble assurons-nous que les jeux ne sont pas faits…

La courses aux projets immobiliers ? À Bagnolet, elle reprend de plus belle. Et qu’il fut de courte durée …le suspens de l’orientation politique en matière d’urbanisme de la nouvelle municipalité. En totale continuité avec la précédente mandature, Tony Di Martino semble désormais rattraper le temps perdu en accordant permis sur permis, sans autres critères que la valeur foncière d’une ville très attractive pour les promoteurs. De mois en mois, on assiste médusé à une augmentation des prix au mètre carré  dont n’est bénéficiaire que …la promotion immobilière.. Sans aucune contrepartie pour les BagnoletaisPas besoin d’être devin, …il suffit de regarder : combien d’écoles sont prévues au regard des besoins actuels et futurs ? Pourtant, pourquoi ne pas plutôt définir une « densité raisonnée » au vu des différents quartiers, de leurs caractéristiques propres? Pourquoi cette course à la densification ? Ne pourrait-elle être mise en œuvre au regard de contextes spécifiques?   

Suite tragique pour une ville déstructurée

Poursuivre un développement urbain aussi sauvage et insensé est d’autant plus dramatique pour  notre cadre de vie à tousque cette ville est d’ores et déjà fortement déstructurée. Et si maltraitée depuis si longtemps, avec ces grands ensembles, la construction de l’échangeur, l’abandon de la rue Sadi Carnot, l’échec architectural de l’hôtel de ville et la médiocrité du projet de la Zac Benoit Hure,… Au point de se demander si cette maltraitance  ne serait pas devenue culturelle pour ceux qui la gouvernent ? 

Soyons nombreux à venir témoigner notre opposition à cette politique en participant cette semaine aux réunions publiques du 1er et du 2 avril, et à toutes celles qui suivront. Et à refuser cette fausse concertation, ce simulacre de dialogue démocratique, quand tous les permis sont déjà signés…

FONDERIE LANDOWSKI, SUITE…

Le permis de construire, accordé à Bagnolet le 23 octobre 2014 sur le site de la fonderie Landowski, avenue Gambetta, par l’actuelle municipalité, (évoqué dans l’article du 20 novembre 2014 – en lien ci-dessous), a fait l’objet de quatre recours gracieux : deux recours portés par les riverains et deux recours par les associations Bagnolet en vert et Bagnolet Patrimoine. Hormis les requêtes de Bagnolet en vert concernant la conservation de certains éléments de patrimoine de la fonderie, les éléments de contestation des trois autres recours n’ont pu aboutir favorablement. Rentrons dans le détail…

Certains éléments de contestation concernent la qualité de vie du voisinage (ensoleillement, obstruction des vues…, vis-à-vis…, etc.). D’autres éléments relèvent de l’intérêt commun, de la qualité du patrimoine paysager bâti de la ville.

Insistons sur ce point :

pour le quartier de la Dhuys, le PADD (Projet d’aménagement et de développement durable, issu du Plan local d‘urbanisme) préconise une densification « en cohérence avec un certain nombre d’immeubles résidentiels de qualité », il souligne aussi que « l’enjeu consiste à faire bénéficier Bagnolet de la valorisation de ce quartier, en renforçant les liaisons et perméabilités. » C’est en ce sens que l’îlot de la rue Danton n’est pas intégré au secteur du centre-ville mais à celui de la Dhuys, contrairement à tout le reste de l’avenue Gambetta.

Une entrée de quartier : tout sauf anodin…

Comme l’illustre ce schéma ci-dessous, le choix de faire respecter les hauteurs et les gabarits propres à l’identité de la Dhuys sur ce seul et unique ilot en frange avec l’avenue Gambetta n’est pas anodin : Aujourd’hui, cet îlot fait office « de liaison et de perméabilité » et constitue une transition paysagère entre le centre-ville et le quartier de la Dhuys.

Quartier de la DHuys

Ce petit segment de l’avenue Gambetta fonctionne « urbainement » comme une entrée de quartier et c’est pour cette raison que ce permis de construire ne peut être accordé en l’état. L’usage de la dérogation (accordée par la ville) – permettant de passer de 13 m à 19 m de hauteur de façade, soit 2 étages de plus, cinq au total – est ici particulièrement abusif car la possibilité de construire beaucoup plus haut est autorisée par le PLU sur tout le long de l’avenue sauf ici, précisément.

photomontage Landowski

 

Une approche très superficielle

Ce cas particulier est emblématique d’une approche très superficielle et globale des questions architecturales et urbaines, induite par deux facteurs :

  • Premièrement les mécanismes de la construction procèdent par automatisme, sans prendre le temps de contextualiser véritablement le projet. Mais peut-on vraiment attendre d’un promoteur, dont l’objectif est de boucler son opération, d’établir une transition douce entre les typologies bâties, de se poser la question du lien entre les quartiers… ? C’est là le rôle de la municipalité. Réintroduire la question du contexte dans chaque projet qui se construit à Bagnolet. Les tissus urbains y sont très disparates et requiert une lecture fine, du quartier à l’îlot et à la parcelle. Le souci de transition, de cohérence et l’exigence d’articulation des échelles, devraient figurer au premier plan des enjeux d’une municipalité qui prône ouvertement la densification de la ville.
  • Et c’est là le deuxième facteur de l’approche superficielle et globale de cette question. L’appréhension de la densité est comprise à l’échelle régionale, en référence au SDRIF (Schéma directeur régional d’Ile-de-France). Il y a en effet une injonction de la Région à préserver les dernières terres agricoles en Ile-de-France, à limiter l’étalement urbain et à résorber la crise du logement…, et donc à concentrer les constructions vers le cœur de la métropole. Mais une politique régionale peut-elle s’appliquer sans adaptation à l’échelle locale des communes ? Chaque ville a ses qualités, ses problématiques urbaines et doit en ce sens réinterpréter cette question de densification à son niveau. La révision du PLU, à laquelle la municipalité vient de renoncer, aurait était l’occasion d’étudier la capacité de chaque tissu urbain à générer son propre potentiel de densification.

Or en refusant de mener la révision du PLU et en accélérant le rythme des constructions dans Bagnolet, la ville est réduite à une dimension quantitative notamment foncière fort dommageable pour notre espace commun.

 

 

Article précédent sur la fonderie Landowski :

http://www.bagnolet-initiatives-citoyennes.org/modification-du-plu-urgence-fonderie-landowski/

 

 

PLU, fonderie Landowski : il y a urgence !

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Marie-Lou Brossiern actuelle adjoint au maire de Bagnolet, avait sollicité en septembre 2013 Claire Laurence, architecte DPLG, pour commenter les projets de modification du PLU. À voir ou à revoir…

Fonderie Landowski  :
un patrimoine industriel
cédé aux promoteurs.

Avec le feu vert de l’actuelle municipalité à une opération immobilière à l’emplacement de la fonderie Landowski, réapparaissent les menaces sur l’environnement et le patrimoine de Bagnolet. Celles-là mêmes dénoncées il y a un an dans la vidéo ci-dessous par  Claire Laurence, architecte-urbaniste, et Marie-Laure Brossier, élue depuis conseillère dans l’actuelle majorité municipale.

Le permis de construire, accordé le 23 octobre 2014 par l’actuelle municipalité, sur le site de la fonderie Landowski à Bagnolet et dénoncé il y a un an par Claire Laurence, architecte DPLG, présidente de Bagnolet-Patrimoine, et Marie-Laure Brossier, depuis conseillère municipale, est peut être un signe… Le signe que le système, l’atmosphère, la politique de la ville en matière d’aménagement et d’architecture instaurés par Marc Everbecq, se prolongent. La municipalité actuelle prend-elle la mesure de l’urgence ?

Ce projet de logements nous ramène, en effet, à la révision du PLU (Plan local d’urbanisme), lancée par l’ancien maire il y a tout juste un an et rejetée en conseil municipal à l’issue de l’enquête publique (9 septembre – 9 octobre 2013). Chacune des cinq modifications, alors en discussion, illustraient la politique urbaine de l’époque : elle consistait à livrer la ville, son règlement d’urbanisme, ses espaces verts, son paysage, aux seules ambitions des promoteurs. Rarement une ville aura été aussi maltraitée, une municipalité, celle de Marc Everbecq, aussi dépourvue d’exigences architecturales et paysagère et des espaces publics aussi délaissés.

Or, la qualité du paysage de notre ville, dont le potentiel est immense, en dépend. Que peut faire un ville comme Bagnolet, dont le foncier est si attrayant pour des promoteurs non élus, et donc sans  responsabilités vis-à-vis du bien commun ? Plusieurs villes, comme Romainville, Saint Ouen, Vitry et Ivry etc., ont mis en place des « chartes promoteurs » sur un ensemble d’exigences en matière de maîtrise foncière, de qualité architecturale, tant constructive qu’esthétique. Leur but est de rééquilibrer le rapport de force entre collectivités et acteurs privés de l’aménagement.

Dans un monde de plus en plus « partenarial », l’action publique doit s’imposer. Comment se fait-il qu’à Bagnolet rien ne soit pris en main en ce sens, après les dérives du maire sortant en la matière ? Non vraiment, les dossiers ANRU et PRNQAD, que la municipalité met en place, ne constituent pas à eux seuls une politique urbaine à hauteur de ces enjeux. Ces conventions représentent une manne financière importante pour Bagnolet et répondent à la « politique de la ville » du gouvernement. Mais qu’en est-il de la politique urbaine de la municipalité …au delà de sa capacité à percevoir des subventions ?

Au contraire, ce projet sur le site de la Fonderie et plusieurs autres (101 rue Anatole France, …), mais aussi le très généreux PLU issu de la municipalité sortante et qui perdure, malgré le changement du conseil municipal, illustre au mieux un immobilisme très inquiétant.

Et qu’a-t-on appris lors du dernier conseil municipal ? Alors que la révision du PLU devait être initiée à la rentrée, puis en novembre, Marie Colou, adjointe au maire à l’urbanisme, n’en a fait l’annonce que …pour janvier ! Pourquoi un tel retard ? À qui profitent-ils ? Pourquoi n’y a t-il pas eu de concertation préalable depuis ces sept derniers mois, si telle est l’ambition affichée de la municipalité ? Difficile de suivre cette logique.

Youtube urbanisme
Une vidéo de septembre 2013 (à visionner – ci-dessous)
La vidéo ci-dessous fait partie d’une série de cinq clips diffusés en septembre 2013 sur le PLU (Plan local d’urbanisme) de Bagnolet, qui avait pour objectif de clarifier les raisons et les conséquences des modifications proposées lors de la concertation publique qui avait lieu …en septembre 2013. Parmi ces modifications, figure le site de la fonderie Landowski.

Modification du PLU et enquete public, septembre 2013

Visionner aussi
la vidéo Un PLU, c’est quoi ! Comprendre l’urbanisme
https://www.youtube.com/watch?v=AIXnUMCCrUU
un PLU c'est quoi