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Révision du PLU : la municipalité renonce !

Intervention de Jean-Claude Oliva, élu de l’opposition de BIC-EELV, au conseil municipal du 29 janvier, concernant l’ordre du jour n°3
(ordre du jour complet du CM du 29/01/2015)

Révision du PLU : la municipalité renonce !

Engagement de campagne du candidat Tony Di Martino

Le programme de Tony Di Martino « un nouveau souffle pour Bagnolet » indique (engagement N°7 p5) «  Faire de Bagnolet une ville plus belle : -réviser le PLU (Plan local d’urbanisme) de manière concertée et maîtrisée ». De cela, il n’est plus question : visiblement le nouveau souffle est retombé.

Vous tentez de cacher votre renoncement politique derrière des contraintes techniques : pas le temps de procéder à une révision, trop lourd, trop cher, etc.

Lors du conseil municipal d’installation en avril 2014, Mireille FERRI était intervenue solennellement pour vous demander d’engager immédiatement la révision du PLU, le premier enjeu qui allait permettre d’apprécier votre action. Si la révision avait été entamée à ce moment-là, il y aurait vingt mois pour la mener à bien, soit entre les 18 et 24 mois que vous estimez nécessaire pour la faire. Mais vous n’avez pas voulu l’engager à ce moment-là.

Et maintenant, vous dîtes : on n’a plus le temps ! Cela n’est pas sans rappeler le comportement de votre prédécesseur qui faisait voter le budget à la dernière limite pour mettre au pied du mur sa majorité.

On peut remarquer aussi que les douze mois pour la modification du PLU nous amèneront au 31 janvier 2016. Soit après la création de la métropole qui doit intervenir le 1er janvier 2016. La modification du PLU ne pourra donc pas intervenir avant le passage à la métropole, tout comme la révision. Nous sommes déjà hors délai pour la modification comme pour la révision.

Concernant la métropole, la discussion actuelle au sénat n’indique pas d’obligation de transfert du PLU à la métropole. Donc tout cela n’explique pas votre choix d’une modification plutôt que d’une révision. Ce choix est celui du renoncement à vos engagements et à répondre aux attentes des BagnoletaisES.

En choisissant la modification, vous renoncez à prévoir dans le PLU les équipements publics dont Bagnolet a tant besoin : écoles, crèches, jardins, etc. Vous renoncez à inscrire dans le PLU la mobilité permettant à tous les BagnoletaisES de se déplacer pour leur travail, leur santé, leurs loisirs. Vous renoncez à « améliorer nos déplacements en développant un réseau de pistes cyclables continues et sécurisées à l’échelle de la ville » comme l’indiquait aussi votre programme (p7). Vous prétendez vous inscrire dans le grand Paris et dans Est Ensemble, mais vous vous abstenez de réfléchir aux limites de Bagnolet, c’est-à-dire aux articulations, aux « Coutures », avec les autres villes et les autres territoires. C’est encore une fois Bagnolet, tout seul au monde.

Enfin le contenu de la modification que vous proposez se caractérise par le flou, l’imprécision, voire l’ambiguïté sur le sens de la démarche.

Premier point : il s’agit de transcrire le pourcentage de logements sociaux qui est déjà indiqué dans les orientations générales (le PADD) pour le mettre dans les normes. Il s’agit d’une adaptation réglementaire. Vous n’ouvrez pas le débat sur l’objectif de 35% de logements sociaux et surtout vous n’ouvrez pas le débat sur le ratio entre équipements publics et logements qu’il serait autrement plus intéressant d’examiner !

Deuxième point : la hauteur. Là, c’est carrément inquiétant quand la considérez comme « un outil de densification » ! Le flou domine : « un travail sur la hauteur sera réalisé ». Dans quel sens, avec quelles orientations ? Nous estimons pour notre part qu’il faut limiter les hauteurs pour préserver le caractère humain de notre ville et sortir définitivement de l’urbanisme des années 60.

Troisième point : la réalisation d’une étude urbaine visant à l’aménagement global des secteurs République Gallieni et République Robespierre correspond effectivement à une nécessité, nous en prenons acte bien volontiers.

Quatrième point : il s’agit de lever « les emplacements réservés ». De quoi parle-t-on ? Où sont-ils ? La note évoque « certains » qui sont inutiles et « d’autres » qui sont complexes, difficile de faire mieux comme généralités ! Pourquoi n’y a-t-il pas de carte présentant tous les emplacements réservés et ceux qui font problème ?

Le compte est vite fait. Même sur les points que vous mettez dans la modification, c’est dramatiquement insuffisant : 1 sur 4, peut mieux faire !

La modification du PLU proposée dans la notice et la délibération ne prend pas en compte les défis urbains majeurs auxquels est confrontée notre ville ; en particulier, la question des équipements publics, celle de la mobilité ou encore la nécessité de travailler sur les limites avec les autres communes dans la perspective de la Métropole du grand Paris. Une révision du PLU s’impose donc, conformément aux engagements de la majorité municipale et aux attentes de nos concitoyens.

Ce qui nous conduit à proposer l’amendement suivant:

ARTICLE UNIQUE : PREND ACTE de la volonté de lancer une procédure de révision du PLU.

(à la place de la modification)

PLU, fonderie Landowski : il y a urgence !

Youtube urbanisme 2
Marie-Lou Brossiern actuelle adjoint au maire de Bagnolet, avait sollicité en septembre 2013 Claire Laurence, architecte DPLG, pour commenter les projets de modification du PLU. À voir ou à revoir…

Fonderie Landowski  :
un patrimoine industriel
cédé aux promoteurs.

Avec le feu vert de l’actuelle municipalité à une opération immobilière à l’emplacement de la fonderie Landowski, réapparaissent les menaces sur l’environnement et le patrimoine de Bagnolet. Celles-là mêmes dénoncées il y a un an dans la vidéo ci-dessous par  Claire Laurence, architecte-urbaniste, et Marie-Laure Brossier, élue depuis conseillère dans l’actuelle majorité municipale.

Le permis de construire, accordé le 23 octobre 2014 par l’actuelle municipalité, sur le site de la fonderie Landowski à Bagnolet et dénoncé il y a un an par Claire Laurence, architecte DPLG, présidente de Bagnolet-Patrimoine, et Marie-Laure Brossier, depuis conseillère municipale, est peut être un signe… Le signe que le système, l’atmosphère, la politique de la ville en matière d’aménagement et d’architecture instaurés par Marc Everbecq, se prolongent. La municipalité actuelle prend-elle la mesure de l’urgence ?

Ce projet de logements nous ramène, en effet, à la révision du PLU (Plan local d’urbanisme), lancée par l’ancien maire il y a tout juste un an et rejetée en conseil municipal à l’issue de l’enquête publique (9 septembre – 9 octobre 2013). Chacune des cinq modifications, alors en discussion, illustraient la politique urbaine de l’époque : elle consistait à livrer la ville, son règlement d’urbanisme, ses espaces verts, son paysage, aux seules ambitions des promoteurs. Rarement une ville aura été aussi maltraitée, une municipalité, celle de Marc Everbecq, aussi dépourvue d’exigences architecturales et paysagère et des espaces publics aussi délaissés.

Or, la qualité du paysage de notre ville, dont le potentiel est immense, en dépend. Que peut faire un ville comme Bagnolet, dont le foncier est si attrayant pour des promoteurs non élus, et donc sans  responsabilités vis-à-vis du bien commun ? Plusieurs villes, comme Romainville, Saint Ouen, Vitry et Ivry etc., ont mis en place des « chartes promoteurs » sur un ensemble d’exigences en matière de maîtrise foncière, de qualité architecturale, tant constructive qu’esthétique. Leur but est de rééquilibrer le rapport de force entre collectivités et acteurs privés de l’aménagement.

Dans un monde de plus en plus « partenarial », l’action publique doit s’imposer. Comment se fait-il qu’à Bagnolet rien ne soit pris en main en ce sens, après les dérives du maire sortant en la matière ? Non vraiment, les dossiers ANRU et PRNQAD, que la municipalité met en place, ne constituent pas à eux seuls une politique urbaine à hauteur de ces enjeux. Ces conventions représentent une manne financière importante pour Bagnolet et répondent à la « politique de la ville » du gouvernement. Mais qu’en est-il de la politique urbaine de la municipalité …au delà de sa capacité à percevoir des subventions ?

Au contraire, ce projet sur le site de la Fonderie et plusieurs autres (101 rue Anatole France, …), mais aussi le très généreux PLU issu de la municipalité sortante et qui perdure, malgré le changement du conseil municipal, illustre au mieux un immobilisme très inquiétant.

Et qu’a-t-on appris lors du dernier conseil municipal ? Alors que la révision du PLU devait être initiée à la rentrée, puis en novembre, Marie Colou, adjointe au maire à l’urbanisme, n’en a fait l’annonce que …pour janvier ! Pourquoi un tel retard ? À qui profitent-ils ? Pourquoi n’y a t-il pas eu de concertation préalable depuis ces sept derniers mois, si telle est l’ambition affichée de la municipalité ? Difficile de suivre cette logique.

Youtube urbanisme
Une vidéo de septembre 2013 (à visionner – ci-dessous)
La vidéo ci-dessous fait partie d’une série de cinq clips diffusés en septembre 2013 sur le PLU (Plan local d’urbanisme) de Bagnolet, qui avait pour objectif de clarifier les raisons et les conséquences des modifications proposées lors de la concertation publique qui avait lieu …en septembre 2013. Parmi ces modifications, figure le site de la fonderie Landowski.

Modification du PLU et enquete public, septembre 2013

Visionner aussi
la vidéo Un PLU, c’est quoi ! Comprendre l’urbanisme
https://www.youtube.com/watch?v=AIXnUMCCrUU
un PLU c'est quoi

Le 101, taille XXL

101 anatole france

Le 6 novembre dernier, la municipalité avec le bailleur social LOGIREP a présenté son « nouveau » projet pour le 101 rue Anatole France
La précédente municipalité projetait déjà de densifier ce site.
Un projet qui soulève de nombreuses questions que nous souhaitons partager avec les habitants du quartier du Plateau et de tout Bagnolet.

Ce qui change

Une rénovation des appartements (électricité, sanitaires) ainsi que la peinture des parties communes est prévue. C’est un point important et positif pour une cité laissée dans un état de quasi abandon depuis des années. La question des augmentations de loyers, habituelles dans ce genre d’opérations, n’a pas été évoquée : seront-elles supportables pour les habitants actuels ou conduiront-elles à un changement de population ?

101 anatole france4

Un local de 260 m² pour l’antenne Anatole France du centre de quartier, là aussi, c’est un point positif par rapport aux locaux petits et indignes (un ancien appartement) dans lesquels est installée l’antenne. Cela pose quand même la question du personnel, la tendance étant plutôt à la réduction d’effectifs à la mairie de Bagnolet.

Ce qui ne change pas :
la taille du projet

Il y a aujourd’hui 100 logements sociaux au 101 rue Anatole France. Le projet va doubler la mise en rajoutant 50 logements sociaux et 50 autres en accession à la propriété. C’est une densification importante à l’échelle de cette cité et du quartier. Pour situer, il y a sur le trottoir en face, le 82 rue Anatole France, une autre cité ancienne et dégradée. Et juste derrière le 101, à Romainville, une ancienne cité de la ville de Paris… Densifier une zone urbaine déjà bien dense va-t-il dans le sens de l’amélioration de la qualité de vie des habitants ? Dans le quartier, il y a déjà beaucoup de logements et quasiment pas d’espace public. Cette tendance « cité dortoir » va encore être renforcée.

101 anatole france 3

Cette densification aurait aussi de lourdes conséquences pour la circulation et le stationnement, ainsi que pour l’école Jaurès. La rue Anatole France est à sens unique et son accès se fait par d’autres petites rues situées sur le territoire de Romainville. Le stationnement va devenir payant pour les habitants du 101 (locataires anciens et nouveaux et copropriétaires) ; il y a fort à parier qu’une partie du stationnement va se reporter dans la rue Anatole France et dans les rues voisines déjà bien encombrées. Enfin l’école Jaurès est déjà saturée : en maternelle, une classe est installée dans un algéco dans la cour depuis …2006 ! Et d’autres constructions nouvelles vont être livrées bientôt.

Quelle vision globale de l’aménagement du quartier –en lien avec la révision du PLU promise-, quelle répartition des enfants dans les écoles de Bagnolet –l’étude est promise aussi- ? Il est à craindre qu’une fois encore, on mette la charrue avant les bœufs, pour réaliser coûte que coûte un projet.

101 anatole france 2

Ce qui ne change pas : la méthode

La réunion de concertation a lieu le 6 novembre, le permis de construire serait déposé fin novembre et les travaux devraient démarrer en janvier. Si la municipalité veut bien ouvrir le débat sur le ravalement des façades (et sans doute la couleur des peintures), l’essentiel du projet (et en particulier sa taille) est bouclé. La réunion de présentation du projet avait lieu loin du 101 et l’assistance était très majoritairement composée d’élus, de membres du personnel de LOGIREP et de la commune.
La prochaine fois, ce sera au 101, a promis le maire…

 

Pour en savoir plus, aller sur le blog quartier du plateau http://quartier-plateau-bagnolet.com/